MAÎTRE AU PERROQUET (ACTIF A ANVERS DÉBUT XVIE SIÈCLE)
Lot 9DE JONCKHEERE

MAÎTRE AU PERROQUET (ACTIF A ANVERS DÉBUT XVIE SIÈCLE)

Vierge à l'Enfant avec un perroquet

Closed8 October 2020

Price Realised

EUR 150,000

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MAÎTRE AU PERROQUET (ACTIF A ANVERS DÉBUT XVIE SIÈCLE)
Vierge à l'Enfant avec un perroquet
huile sur panneau, partie supérieure cintrée
62 x 40 cm.
oil on panel, arched top
24 3/8 x 15 ¾ in.

Collection privée, France.

Specialist note

Dans un article de 1948, Max Friedländer identifie plusieurs œuvres stylistiquement proches comme étant toutes issues d’un seul et même maître qui se distingue par l’inclusion de perroquets dans ses panneaux de dévotion (voir M. Friedländer, « Der Meister mit dem Papagei », Phoebus, 2. 1948/49, p.49-54). Le Maître au Perroquet, ainsi surnommé par Friedländer et actif à Anvers au début du XVIe siècle, continue d’intriguer les historiens de l’art qui reconnaissent de plus en plus d’œuvres peintes de sa main. Dans les années 1980, les différences de style qui se retrouvent dans les œuvres recensées soulèvent l’hypothèse d’un groupement d’artistes, travaillant au sein d’un même atelier, derrière le surnom de ce maître énigmatique. C’est de cet atelier que notre panneau est issu, comme l’atteste la présence du perroquet délicatement posé sur le bras de la Vierge.

Cet animal exotique, admiré dans les cours princières, fascinait par sa capacité à reproduire les sons. Les traités zoologiques et les encyclopédies du Moyen-Âge lui prêtaient même la capacité à prononcer ave, salutation faite à par l’Ange Gabriel à Marie lors de l’Annonciation. On comprend que, dans notre oeuvre, le perroquet est associé à Marie comme allégorie de sa pureté et de sa virginité, mais aussi comme symbolisant l’amour.

Les tableaux du Maître au Perroquet se démarquent également par le traitement particulièrement raffiné de ses paysages ouvrant sur de magnifiques perspectives. Dans notre tableau, l’arrière-plan de la composition dévoile un hameau cossu ainsi qu’un paysage montagneux fascinant auquel la palette, faite de camaïeux de verts et de bleus, donne une atmosphère douce et tranquille. Le traitement des volumes et de l’espace, ainsi que le velouté des teintes et la finesse des traits font de notre œuvre une image dévotionnelle d’une grande qualité. La nature morte composée de raisins et d’œillets rappelle la Passion du Christ, dont ils sont les symboles, et le bouquet de violettes symbolise la modestie et l’humilité que doit ressentir le commanditaire pour honorer le sacrifice du fils de Dieu et la Rédemption qu’il rend possible.

La coiffure de la Vierge, faite de boucles encadrant son visage et agrémentée d’une coiffe de perles, ainsi que le traitement de son manteau, dont une manche est brodée de fourrure, sont des éléments qui se retrouvent souvent dans les Vierge à l’Enfant du Maître au perroquet. On en retrouve des exemples dans deux œuvres de l’artiste conservées au Musée des Beaux-Arts de Strasbourg et aux Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique à Bruxelles. L’œuvre à laquelle notre Vierge à l’Enfant ressemble le plus est conservée dans une collection privée : la composition, le paysage et les vêtements de la Vierge sont très similaires, la seule différence notable étant la position de l’Enfant, debout et soutenu par les mains de sa mère.