拍品专文
En 1284 apparait dans le plus important centre médiéval de traitement de la pierre dure, Venise, l’Ordre de la Confrérie des Tailleurs de Cristal, règlementant une confrérie née au milieu du siècle. Ses ateliers créent une spécialité : des reliquaires précieux en cristal de roche avec des montages en métal dans lesquels sont intégrées des miniatures. La technique joignant le cristal à l’orfèvrerie, déjà en usage dans l’Europe du nord et parfaitement maîtrisée à Venise, est renouvelée pour imiter les émaux cloisonnés byzantins. Plutôt que de produire des plaques émaillées, les sculpteurs -qui travaillent notamment en collaboration avec des enlumineurs- emploient des miniatures « ornementales », exécutées indépendamment d’un manuscrit, protégées par des plaques cristal de roche qui donnent le même effet de brillance et d’éclat aux couleurs et dont l’extrême transparence du cristal est parfaitement adaptée aux objets reliquaires. Cette richesse de production intervient dans un contexte économique et créatif favorable. L’importante flotte marchande de Venise permet l’exportation d’objets précieux, telles que les miniatures sous cristal, qui sont diffusés dans toute l’Europe et accessibles alors à divers clients, vénitiens ou étrangers, soucieux de posséder des produits de luxe.
Notre croix reliquaire s’inscrit le corpus de croix à bras trilobés en cristal de roche ornées de miniatures dont la production perdure de 1300 au XVIe siècle dans le nord de l’Italie. La datation est précisée par le montage consistant en un panneau central dans un mince cadre flanqué de manchettes partiellement niellées, à bords chantournés, typique des productions du début du XIVe siècle, similaire à celui d'une croix conservée au Museu Nacional de Machado de Castro. La typologie des miniatures confirme cette analyse. En effet, les couleurs vives, le fond à feuille d’or et les minuscules perles fines ornant les nimbes sont caractéristiques des enluminures vénitiennes destinées à cet usage durant cette période, comme en témoignent leurs emplois pour une croix du début du XIVe siècle conservée au Museu Nacional de Arte Antiga à Lisbonne (inv. 191).
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