拍品专文
'Depuis longtemps mon vieil ami Doré me parlait de son désir de voir l’Espagne' (C. Davilliers, L’Espagne, Paris, 1874, p. 1). Cette remarque liminaire du baron Davilliers (1823-1883) introduisait le récit d’un périple dans la péninsule ibérique qu’entreprirent Gustave Doré (1882-1883) et son ami de longue date, en 1861. Toutefois, ce voyage fût l’occasion pour l’artiste de combiner l’exotisme entourant la culture hispanique, toujours en vogue jusqu’au milieu du XIXe siècle, avec son style onirique. Les croquis rassemblés à cette occasion, préfigurent les illustrations de Don Quichotte, parus peu de temps après leur retour en France. Capturant différents aspects culturels qu’il observa, Gustave Doré retravailla ses illustrations à son retour à Paris (Doré. L'imaginaire au pouvoir, [cat. exp.], Paris ; Montréal, 2014, p. 129).
La bonne aventure au Sacro-Monte est ainsi tirée d’une étape à Grenade, dans le quartier du Sacromonte surplombant la ville, où les deux voyageurs découvrirent la communauté tsigane locale. Cet épisode permet à l’artiste d’illustrer les mœurs et l’habitat troglodyte des gitanos espagnols en puisant dans les représentations fantastiques qui lui sont chères. Dans cette composition, Gustave Doré interrompt le temps grâce à un effet de lumière dirigée, alors que chaque personnage paraît figé dans la pénombre, suspendu à la révélation presque magnétique d’une clairvoyante. Le peintre renforce aussi l’opposition culturelle des communautés de la ville grâce à l’utilisation de rouges vifs, et de tons clairs soulignant les guenilles des tziganes, alors que les señoras de la ville sont drapées dans de lourdes toilettes sombres en dentelles. L’illustrateur semble avoir retravaillé à plusieurs reprise ce sujet à son retour, comme l’attestent plusieurs dessins avec des compositions différentes. Une esquisse, datée de 1865, reprend la partie centrale de notre sujet (Doré. L'imaginaire au pouvoir, [cat. exp.], Paris ; Montréal, 2014, p. 125, fig. 107). Notre tableau quant à lui est à rapprocher d’un dessin à la composition similaire, gravé par Fournier pour le feuilleton paru en 1864 (E. Charton, Le tour du monde. Nouveau journal des voyages, Paris-Londres-Leipzig, 1864, p. 407) et repris dans l’ouvrage de 1874 (C. Davilliers, 1874, op. cit., p. 213).
Nous tenons à remercier Dan Malan, l'expert du peintre, pour son assistance.
La bonne aventure au Sacro-Monte est ainsi tirée d’une étape à Grenade, dans le quartier du Sacromonte surplombant la ville, où les deux voyageurs découvrirent la communauté tsigane locale. Cet épisode permet à l’artiste d’illustrer les mœurs et l’habitat troglodyte des gitanos espagnols en puisant dans les représentations fantastiques qui lui sont chères. Dans cette composition, Gustave Doré interrompt le temps grâce à un effet de lumière dirigée, alors que chaque personnage paraît figé dans la pénombre, suspendu à la révélation presque magnétique d’une clairvoyante. Le peintre renforce aussi l’opposition culturelle des communautés de la ville grâce à l’utilisation de rouges vifs, et de tons clairs soulignant les guenilles des tziganes, alors que les señoras de la ville sont drapées dans de lourdes toilettes sombres en dentelles. L’illustrateur semble avoir retravaillé à plusieurs reprise ce sujet à son retour, comme l’attestent plusieurs dessins avec des compositions différentes. Une esquisse, datée de 1865, reprend la partie centrale de notre sujet (Doré. L'imaginaire au pouvoir, [cat. exp.], Paris ; Montréal, 2014, p. 125, fig. 107). Notre tableau quant à lui est à rapprocher d’un dessin à la composition similaire, gravé par Fournier pour le feuilleton paru en 1864 (E. Charton, Le tour du monde. Nouveau journal des voyages, Paris-Londres-Leipzig, 1864, p. 407) et repris dans l’ouvrage de 1874 (C. Davilliers, 1874, op. cit., p. 213).
Nous tenons à remercier Dan Malan, l'expert du peintre, pour son assistance.
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