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Lot 14 EMILE-JACQUES RUHLMANN ET LE BUREAU 'TARDIEU'
L'année 1929 est une année charnière pour les arts décoratifs français, témoin de la scission officielle entre les 'Modernistes' et les tenants de la Tradition. Cette même année Emile-Jacques Ruhlmann et son neveu Alftred Porteneuve sont les organisateurs délégués du Salon, tandis que Djo-Bourgeois est membre du comité chargé de son architecture. Choix de personnalités qui à elles seules suggèrent des frontières peut-être plus perméables, qu'elles ne sont communément admises, entre ces deux univers.
L'ensemble que Ruhlmann présente dans le cadre de ce XIXème Salon est emblématique de l'évolutionde son style à la fin des années 1920. Il apprend que le jeune prince héritier indien Yeswant Rao Holkar Bahadur, futur maharadjah d'Indore, est en voyage en Europe, à la rencontre des architectes et décorateurs, auxquels il confiera la conception et l'aménagement de son palais 'Manik Bagh', dès l'année suivante en 1930. Formé et éduqué en Europe, c'est un fervent adepte de la modernité occidentale. Ruhlmann va concevoir un projet qui lui est virtuellement destiné, le 'Studio-Chambre du prince héritier d'un vice roi des Indes à la Cité Universitaire'.
Dans un vaste espace très haut de plafond, dominé par une immense carte géographique des Indes, Ruhlmann surprend en mettant en scène un mobilier innovant, à la pureté des lignes et des surfaces soulignée par la monochromie d'une laque cellulosique Duco noire, que seuls les reflets contrastés des éléments et accessoires en bronze chromé et verre animent. Il renonce ici à tout placage de bois rare, de marqueterie d'ivoire ou de matériau précieux propres à une conception classique du mobilier. Ce studio, complété d'une chambre, organisé en zones spécifiques dédiées à l'étude, au repos, à la lecture, à la conversation, à la musique, tend à répondre à tous les besoins d'un jeune homme de la condition d'un prince moderne.
Majestueuse pièce maçtresse de cet ensemble, le bureau, placé devant une large rotonde vitrée, témoigne, au même titre que l'ensemble des pièces exposées - dont la remarquable chaise longue (lot 18) mécanisée montée sur skis - de l'inspiration moderniste du décorateur à ce stade de sa carrière. Ruhlmann fait preuve d'une impressionnante capacité à se renouveler, à s'adapter à l'évolution de son temps, sans rien abandonner de ce qui fait sa marque : raffinement, sens du détail, sophistication, alliant brillamment principe de fonctionnalité et élégance naturelle. Il démontre qu'il est conscient des besoins de l'homme moderne, équipant son bureau de façon tout aussi confortable que pratique : le plateau porte une lampe à bras articulé, des casiers à courrier, des encriers, le tout intégré ; une corbeille à papier pivotante est suspendue à l'un des caissons de tiroirs ; un repose-pieds chauffant contribue au confort de l'usager. Le piétement du fauteuil est équipé quant à lui d'un système de suspension de voiture, qui lui confère également confort, souplesse et maniabilité, tout en devenant un élément plastique à part entière.
La critique réservera un accueil favorable à Ruhlmann. René Chavance, dans son article dédié au XIXème Salon des Artistes Décorateurs, dans 'Art et Décoration', juillet 1929, remarque que ses dernières créations conservent les qualités d'élégance et de justesse des proportions si caractéristiques du décorateur. Le jeune prince héritier d'Indore commandera le modèle de bureau et son fauteuil, ainsi qu'une bibliothèque à caissons, exécutés en placage d'ébène de Macassar. Quant à notre exemplaire de bureau et son siège, ceux-là mêmes exposés au Salon des Artistes Décorateurs de 1929, ils seront acquis par André Tardieu (1876-1945), figure politique et sociale de la France de l'entredeux guerres.
EMILE-JACQUES RUHLMANN AND THE 'TARDIEU' DESK
1929 was a pivotal year in the story of the applied arts in France, evidenced in the formal rupture between the Modernists and those who clung to tradition. In that year Emile-Jacques Ruhlmann and his nephew Alfred Porteneuve were entrusted with the organisation of the Salon, while Djo-Bourgeois was the committee member responsible for its architecture. These contrasting appointments would suggest that the boundaries between partisans of the two camps were somewhat more fluid than is generally acknowledged.
Ruhlmann's exhibit for this XIXth Salon was emblematic of the evolution within his approach towards the close of the decade. He had heard of the travels in Europe of the young Indian prince Yeswant Rao Holkar Bahadur, the future Maharadja of Indore, and of his desire to locate the architects and designers to whom he could entrust the design and furnishing of his palace, Manik Bagh, on which work was to start the following year. Educated in Europe, the prince was a fervent admirer of western Modernism. As if with the prince in mind, Ruhlmann created his 'Studio-Chambre du prince héritier d'un vice roi des Indes à la Cité Universitaire'.
In a vast and lofty space, with one wall taken up by a giant map of India, Ruhlmann installed a surprising suite of furniture - innovative is its purity of line and its sleekness of surface, a dramatic simplicity emphasised by the black Duco lacquer against which the only counterpoint was the chromed metal and glass of fittings and accessories. Here, he had turned his back on rare woods, ivory inlays or exotic materials traditionally associated with fine furniture. This suite, complemented by a room with areas dedicated to specific functions - study, sleep, reading, conversation or music - endeavoured to satisfy all the potential needs of a modern prince.
The majestic piece that dominated this scheme was the great desk, set before a broad glazed rotund and epitomising - together with all of this furniture and notably the mechanized chaise longue on skis (lot 18) - the Modernist thinking that infused the artist's work at this point in his career. Ruhlmann demonstrated an impressive ability to renew his approach, ever in tune with the times yet never compromising the instinctive refinement and sophistication, nor the subtle eye for detail that defined him, and brilliantly synthesizing functionalism and elegance. He proved his sensitivity to contemporary expectations, ensuring that his desk was as practical as it was comfortable, fitting it with an articulated lamp, letter trays, inkwells, a waste-paper basket swivelling from one of the plinths of drawers and a heated foot-rest. The desk chair pivots freely on an exposed mechanical spring joint that allows flexibility while adding a sculptutal punctuation mark.
Critics reacted positively to Ruhlmann's designs. René Chavance, reviewing the XIXème Salon des Artistes Décorateurs in Art et Décoration, July 1929, observed that these new creations preserved all the qualities of elegance and fine proportion associated with the designer. The young prince, heir to Indore, ordered a desk and chair and a set of storage caminets in Macassar ebony. The present desk and its chair, the very pieces shown in the Salon des Artistes Décorateurs in 1929 were acquired by André Tardieu (1876-1945), a significant political and social figure in France between the wars.
L'année 1929 est une année charnière pour les arts décoratifs français, témoin de la scission officielle entre les 'Modernistes' et les tenants de la Tradition. Cette même année Emile-Jacques Ruhlmann et son neveu Alftred Porteneuve sont les organisateurs délégués du Salon, tandis que Djo-Bourgeois est membre du comité chargé de son architecture. Choix de personnalités qui à elles seules suggèrent des frontières peut-être plus perméables, qu'elles ne sont communément admises, entre ces deux univers.
L'ensemble que Ruhlmann présente dans le cadre de ce XIXème Salon est emblématique de l'évolutionde son style à la fin des années 1920. Il apprend que le jeune prince héritier indien Yeswant Rao Holkar Bahadur, futur maharadjah d'Indore, est en voyage en Europe, à la rencontre des architectes et décorateurs, auxquels il confiera la conception et l'aménagement de son palais 'Manik Bagh', dès l'année suivante en 1930. Formé et éduqué en Europe, c'est un fervent adepte de la modernité occidentale. Ruhlmann va concevoir un projet qui lui est virtuellement destiné, le 'Studio-Chambre du prince héritier d'un vice roi des Indes à la Cité Universitaire'.
Dans un vaste espace très haut de plafond, dominé par une immense carte géographique des Indes, Ruhlmann surprend en mettant en scène un mobilier innovant, à la pureté des lignes et des surfaces soulignée par la monochromie d'une laque cellulosique Duco noire, que seuls les reflets contrastés des éléments et accessoires en bronze chromé et verre animent. Il renonce ici à tout placage de bois rare, de marqueterie d'ivoire ou de matériau précieux propres à une conception classique du mobilier. Ce studio, complété d'une chambre, organisé en zones spécifiques dédiées à l'étude, au repos, à la lecture, à la conversation, à la musique, tend à répondre à tous les besoins d'un jeune homme de la condition d'un prince moderne.
Majestueuse pièce maçtresse de cet ensemble, le bureau, placé devant une large rotonde vitrée, témoigne, au même titre que l'ensemble des pièces exposées - dont la remarquable chaise longue (lot 18) mécanisée montée sur skis - de l'inspiration moderniste du décorateur à ce stade de sa carrière. Ruhlmann fait preuve d'une impressionnante capacité à se renouveler, à s'adapter à l'évolution de son temps, sans rien abandonner de ce qui fait sa marque : raffinement, sens du détail, sophistication, alliant brillamment principe de fonctionnalité et élégance naturelle. Il démontre qu'il est conscient des besoins de l'homme moderne, équipant son bureau de façon tout aussi confortable que pratique : le plateau porte une lampe à bras articulé, des casiers à courrier, des encriers, le tout intégré ; une corbeille à papier pivotante est suspendue à l'un des caissons de tiroirs ; un repose-pieds chauffant contribue au confort de l'usager. Le piétement du fauteuil est équipé quant à lui d'un système de suspension de voiture, qui lui confère également confort, souplesse et maniabilité, tout en devenant un élément plastique à part entière.
La critique réservera un accueil favorable à Ruhlmann. René Chavance, dans son article dédié au XIXème Salon des Artistes Décorateurs, dans 'Art et Décoration', juillet 1929, remarque que ses dernières créations conservent les qualités d'élégance et de justesse des proportions si caractéristiques du décorateur. Le jeune prince héritier d'Indore commandera le modèle de bureau et son fauteuil, ainsi qu'une bibliothèque à caissons, exécutés en placage d'ébène de Macassar. Quant à notre exemplaire de bureau et son siège, ceux-là mêmes exposés au Salon des Artistes Décorateurs de 1929, ils seront acquis par André Tardieu (1876-1945), figure politique et sociale de la France de l'entredeux guerres.
EMILE-JACQUES RUHLMANN AND THE 'TARDIEU' DESK
1929 was a pivotal year in the story of the applied arts in France, evidenced in the formal rupture between the Modernists and those who clung to tradition. In that year Emile-Jacques Ruhlmann and his nephew Alfred Porteneuve were entrusted with the organisation of the Salon, while Djo-Bourgeois was the committee member responsible for its architecture. These contrasting appointments would suggest that the boundaries between partisans of the two camps were somewhat more fluid than is generally acknowledged.
Ruhlmann's exhibit for this XIXth Salon was emblematic of the evolution within his approach towards the close of the decade. He had heard of the travels in Europe of the young Indian prince Yeswant Rao Holkar Bahadur, the future Maharadja of Indore, and of his desire to locate the architects and designers to whom he could entrust the design and furnishing of his palace, Manik Bagh, on which work was to start the following year. Educated in Europe, the prince was a fervent admirer of western Modernism. As if with the prince in mind, Ruhlmann created his 'Studio-Chambre du prince héritier d'un vice roi des Indes à la Cité Universitaire'.
In a vast and lofty space, with one wall taken up by a giant map of India, Ruhlmann installed a surprising suite of furniture - innovative is its purity of line and its sleekness of surface, a dramatic simplicity emphasised by the black Duco lacquer against which the only counterpoint was the chromed metal and glass of fittings and accessories. Here, he had turned his back on rare woods, ivory inlays or exotic materials traditionally associated with fine furniture. This suite, complemented by a room with areas dedicated to specific functions - study, sleep, reading, conversation or music - endeavoured to satisfy all the potential needs of a modern prince.
The majestic piece that dominated this scheme was the great desk, set before a broad glazed rotund and epitomising - together with all of this furniture and notably the mechanized chaise longue on skis (lot 18) - the Modernist thinking that infused the artist's work at this point in his career. Ruhlmann demonstrated an impressive ability to renew his approach, ever in tune with the times yet never compromising the instinctive refinement and sophistication, nor the subtle eye for detail that defined him, and brilliantly synthesizing functionalism and elegance. He proved his sensitivity to contemporary expectations, ensuring that his desk was as practical as it was comfortable, fitting it with an articulated lamp, letter trays, inkwells, a waste-paper basket swivelling from one of the plinths of drawers and a heated foot-rest. The desk chair pivots freely on an exposed mechanical spring joint that allows flexibility while adding a sculptutal punctuation mark.
Critics reacted positively to Ruhlmann's designs. René Chavance, reviewing the XIXème Salon des Artistes Décorateurs in Art et Décoration, July 1929, observed that these new creations preserved all the qualities of elegance and fine proportion associated with the designer. The young prince, heir to Indore, ordered a desk and chair and a set of storage caminets in Macassar ebony. The present desk and its chair, the very pieces shown in the Salon des Artistes Décorateurs in 1929 were acquired by André Tardieu (1876-1945), a significant political and social figure in France between the wars.
Emile-Jacques Ruhlmann (1879-1933) pour André Tardieu (1876-1945)
BUREAU ET SON FAUTEUIL 'TARDIEU', 1929
Closed31 March 2011
Price Realised
EUR 2,305,000
More Information
Specialist note
Cf. : G. Rémon, Les Nouveaux bureaux de MM. Rodier dans Mobilier et Décoration, janvier 1931, n. 1, id., p. 11 pour un modèle similaire ;
Ruhlmann, Genius of Art Deco, catalogue d'exposition, Musée des années 30, Boulonge-Billancourt, 15 novembre 2001-17 mars 2002, The Metropolitan Museum of Art, New-York, 10 juin-5 septembre 2004, The Montreal Museum of Fine Arts, Montréal, 30 septembre-12 décembre 2004, p. 263 pour l'exemplaire sus-cité
Le bureau référencé sous le numéro 1517 (Nouveau Référencier) dans les archives Ruhlmann, conservées au Musée des Années Trente, Boulogne-Billancourt.
Ce lot est vendu avec la facture originale du bureau.
Par trois fois Président du Conseil des Ministres entre 1929 et 1932, sous les Présidences de Gaston Doumergue et Paul Doumer, André Tardieu est aussi Président des Artistes Décorateurs à cette époque. Il achète encore le lit, la commode et les tables de chevets présentés sur le stand, autres prototypes en laque Duco noire, qui porteront aussi son nom. Personnalité au caractère trempé, très 'parisienne', André Tardieu est aussi connu pour son goût du luxe et de la modernité, qui lui vaudra d'être qualifié de 'Mirobolant' par Léon Daudet.
Il destine très probablement ses acquisitions à la maison moderniste qu'il commande à l'architecte Pierre Patout en 1928, sur les hauteurs de Menton, dans un style qui reflète l'esthétique des paquebots. Patout qui collaborera en 1926 à l'aménagement de 'L'Ile de France', puis à celui de 'L'Atlantique' en 1928, s'en inspire manifestement pour créer une vaste maison blanche à coursives. C'est aussi lui qui aménagera, à la même époque, les bureaux et les ateliers de son ami Ruhlmann, rue de Lisbonne entre 1927 et 1928. Il est probable - d'après les témoignages qui nous sont parvenus - qu'il créera une grande partie du mobilier de cette propriété dénommée 'La tête du commandant', reflétant manifestement l'humour et le sens de la dérision dont André Tardieu est crédité.
Nous savons que Ruhlmann concevra notamment la salle à manger, dont les chaises tripodes, pourraient correspondre au modèle 'SAD29' ou 'Manqbéton', exposé sur son stand en 1929.
Ruhlmann déclinera plusieurs exemplaires de ce bureau dans des matériaux et proportions différents, adaptés à la demande du commanditaire. Il l'adopte pour son propre bureau, rue de Lisbonne, en ébène de Macassar, à l'image de celui du maharadjah d'Indore, et en réalise encore un autre exemplaire dans cette même essence de bois pour monsieur Fricotelle. Le modèle séduira plus d'un d'amateur. Paul Rodier, industriel du textile, en commande un exemplaire en chêne clair. Trois exemplaires de proportions plus modestes sont réalisés respectivement pour les appartements parisiens de messieurs Axelson et Van Beuningen, clients réguliers de Ruhlmann, ainsi que pour un amateur argentin, monsieur Hotschild. L'industriel Sulzer en commande une variante aux caissons de tiroirs fermés par des portes-rideaux. Enfin Ruhlmann en adaptera encore le principe à un grand bureau droit en palissandre pour l'architecte André Granet, qui lui commande l'aménagement de ses bureaux en 1931-1932, un an avant sa disparition.
Ruhlmann, Genius of Art Deco, catalogue d'exposition, Musée des années 30, Boulonge-Billancourt, 15 novembre 2001-17 mars 2002, The Metropolitan Museum of Art, New-York, 10 juin-5 septembre 2004, The Montreal Museum of Fine Arts, Montréal, 30 septembre-12 décembre 2004, p. 263 pour l'exemplaire sus-cité
Le bureau référencé sous le numéro 1517 (Nouveau Référencier) dans les archives Ruhlmann, conservées au Musée des Années Trente, Boulogne-Billancourt.
Ce lot est vendu avec la facture originale du bureau.
Par trois fois Président du Conseil des Ministres entre 1929 et 1932, sous les Présidences de Gaston Doumergue et Paul Doumer, André Tardieu est aussi Président des Artistes Décorateurs à cette époque. Il achète encore le lit, la commode et les tables de chevets présentés sur le stand, autres prototypes en laque Duco noire, qui porteront aussi son nom. Personnalité au caractère trempé, très 'parisienne', André Tardieu est aussi connu pour son goût du luxe et de la modernité, qui lui vaudra d'être qualifié de 'Mirobolant' par Léon Daudet.
Il destine très probablement ses acquisitions à la maison moderniste qu'il commande à l'architecte Pierre Patout en 1928, sur les hauteurs de Menton, dans un style qui reflète l'esthétique des paquebots. Patout qui collaborera en 1926 à l'aménagement de 'L'Ile de France', puis à celui de 'L'Atlantique' en 1928, s'en inspire manifestement pour créer une vaste maison blanche à coursives. C'est aussi lui qui aménagera, à la même époque, les bureaux et les ateliers de son ami Ruhlmann, rue de Lisbonne entre 1927 et 1928. Il est probable - d'après les témoignages qui nous sont parvenus - qu'il créera une grande partie du mobilier de cette propriété dénommée 'La tête du commandant', reflétant manifestement l'humour et le sens de la dérision dont André Tardieu est crédité.
Nous savons que Ruhlmann concevra notamment la salle à manger, dont les chaises tripodes, pourraient correspondre au modèle 'SAD29' ou 'Manqbéton', exposé sur son stand en 1929.
Ruhlmann déclinera plusieurs exemplaires de ce bureau dans des matériaux et proportions différents, adaptés à la demande du commanditaire. Il l'adopte pour son propre bureau, rue de Lisbonne, en ébène de Macassar, à l'image de celui du maharadjah d'Indore, et en réalise encore un autre exemplaire dans cette même essence de bois pour monsieur Fricotelle. Le modèle séduira plus d'un d'amateur. Paul Rodier, industriel du textile, en commande un exemplaire en chêne clair. Trois exemplaires de proportions plus modestes sont réalisés respectivement pour les appartements parisiens de messieurs Axelson et Van Beuningen, clients réguliers de Ruhlmann, ainsi que pour un amateur argentin, monsieur Hotschild. L'industriel Sulzer en commande une variante aux caissons de tiroirs fermés par des portes-rideaux. Enfin Ruhlmann en adaptera encore le principe à un grand bureau droit en palissandre pour l'architecte André Granet, qui lui commande l'aménagement de ses bureaux en 1931-1932, un an avant sa disparition.