Christie’s roundel
拍品 274 La manufacture royale de monseigneur le Dauphin à Lille (1784-1817).
Créée le 13 janvier 1748, place de Carmes, par Arnould-François Durot, ses enfants et leurs conjoints Leperre, Prouvost et Lagarde, elle est communément appelée Leperre-Durot.
Elle produit uniquement de la porcelaine dure selon une nouvelle méthode de cuisson à la houille et non pas au bois grâce au Sieur Vannier. Ce dernier obtient le 24 mai 1785 un privilège industriel pour autoriser la création d’une manufacture à Valenciennes de porcelaine cuite exclusivement au charbon de terre. Un groupe représentant une Descente de Croix d’après Rubens et inscrit « Cuit au charbon de terre ce trente juin 1786 Vannier à Valenciennes » est conservé dans les collections du Château de Versailles.
Comme de nombreuses fabriques à l’époque, la manufacture lilloise cherche un protecteur. C’est ainsi qu'elle envoie un important vase à M. de Calonne en 1785 (conservé au musée des Beaux-Arts de Lille ; inv. C2521) pour lui demander d’intercéder en leur faveur et obtenir la protection du Dauphin. Elle obtient entretemps (1784) l’autorisation de prendre le titre de manufacture royale.
Calonne (1734-1802) originaire de Douai avait été Intendant de Flandres et d'Artois (1778-1783) puis contrôleur général des Finances (1783-1787). Le 31 mai 1785, il appelle Leperre-Durot à Paris pour des démonstrations, et désirant que Lille rivalise avec Tournai, envoie un courrier à son successeur à Lille: « (…) il serait à propos que cette manufacture de qui je viens de recevoir un très bel échantillon de ses ouvrages en fit un aux armes du Dauphin (…) Je me chargerai de lui faire agréer (…) et d’obtenir qu’il approuva que cette manufacture portat son nom (…) provisoirement ». Le daupin avait alors un peu plus de trois ans…
La manufacture va en effet réaliser un important vase pour le Dauphin; il se trouve aujourd’hui dans les collections du Rijksmuseum (inv. BK-1965-104).
Il est intéressant de noter que ces deux vases tout comme la paire qui nous intéresse aujourd’hui s’inspirent de formes créées à Sèvres environ vingt ans auparavant par Etienne Falconet et Jean-Jacques Bachelier (vase « royal » ou aux « tourterelles » ; vase « à jet d’eau » ; vase « Bachelier à anses relevées » ). Une autre paire dans le même esprit (avec leurs couvercles) a été vendue par Maîtres Ader-Tajan-Picard, Paris, 9 mars 1988, lot 20, et avant chez Christie's, Londres, 5 juillet 1974, lot 181.
Même si Falconet est certainement précurseur dans la création de modèles de vases de style néoclassique, ce style est largement diffusé par Jean-Jacques Bachelier.
Bachelier débute à la manufacture de Vincennes en 1748 où il fournit des modèles pour l’atelier des peintres ; il devient Directeur artistique en 1751 et finalement prend en charge l’atelier de sculpture de 1766 à 1773 après le départ de Falconet pour la Russie . De nombreux vases ont été créés à cette époque, qui d’ailleurs pour certains portent son nom : vases « Bachelier oval » ; « Bachelier à cartouche en relief », « Bachelier à deux anses élvevées », « Bachelier à serpens » , « Bachelier à couronne », « Bachelier à anses élvées », ou encore cassolette « Bachelier »
Pierre Ennés dans son catalogue, « Un défi au goût » mentionne que « le court interim de Bachelier correspond selon nous à une période très importante ; une période charnière dans la production de Sèvres ».
En revanche le décor commun retenu pour cet ensemble de vases, outre le décor d’armoiries, de monogrammes et symboles royaux, présente une déclinaison de décor dit « à la Salembier ».
Henri Salembier avait réalisé des Cahiers d’Ornements, gravés par Juillet en 1777-78. Il est considéré comme l’un des précurseurs du style Louis XVI. En 1780 est publié son Cahier d’Arabesques qui sera une source iconographique majeure des arts décoratifs de cette époque.
La manufacture perd le Sieur Vannier et la qualité de la production qui n’est plus aussi bonne, contraint Leperre à revenir à l’usage du bois pour finalement la vendre en 1790 à M. Gaboria. Elle change de nombreuses fois de mains et ferme définitivement en 1817.
La paire présentée aujourd’hui est une des très belle illustration du début de la production de cette manufacture. Probablement produite en vue d’un cadeau pour le roi, ce qui expliquerait les monogrammes aux deux L entrelacés et surmontés de la couronne royale ; il n’est néanmoins pas possible de l’affirmer faute de documents tangibles.
Nous tenons à remercier MM. Bernard Dragesco et Didier Cramoisan pour nous avoir confirmé l'attribution à cette manufacture et indiqué le vase conservé dans les collections du Rijksmuseum d'Amsterdam.

PAIRE DE VASES EN PORCELAINE DE LILLE DE LA FIN DU XVIIIEME SIECLE, A MONTURE EN BRONZE DORE

LA PORCELAINE CIRCA 1785-1790

已結束2015年9月29日

估價

EUR 80,000–120,000

更多資訊

如何委託拍賣

PAIRE DE VASES EN PORCELAINE DE LILLE DE LA FIN DU XVIIIEME SIECLE, A MONTURE EN BRONZE DORE
LA PORCELAINE CIRCA 1785-1790
D’après la forme des vases de Sèvres dits « Bachelier », oviformes munis d’anses à enroulement en forme de feuilles d’acanthe, la base du corps godronnée en spirale, le piédouche enrichi d’un tore de laurier enrubanné reposant sur une base carrée ; à décor or sur les faces de médaillons avec deux L entrelacés surmontés d’une couronne royale, les revers de médaillons en grisaille représentant des trophées militaires, encadrés de grands vases antiques polychromes garnis d’importants bouquets de fleurs et reposant sur des consoles rocailles, au-dessus d’une large frise or d’arabesques composée de palmes, guirlande de myrthe, de lauriers et pampres de vigne entrelacées ; les socles en bronze doré de forme carrée, moulurée et à décor amati ; éclats restaurés sur la partie haute des piédouches, quelques usures à la dorure
Hauteur totale: 53,5 cm. (21 1/8 in.) ; Hauteur des vases: 49 cm. (19 ¼ in.)

Vente Thierry de Maigret, Paris, le 2 décembre 2011, lot 89.

專家說明