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拍品 26 Le nom d'Eileen Gray est largement reconnu aujourd'hui pour une série de meubles aux lignes d'une apparente simplicité, synthèse d'un fonctionnalisme extrêmement bien pensé et d'une grande qualité formelle qui ne s'impose jamais, devenus aujourd'hui des oeuvres d'une modernité intemporelle et incontournable, tout comme elles l'étaient déjà lors de leur conception dans les années 1920 et 1930.
La première phase de l'illustre carrière d'Eileen Gray est dévolue à la création de somptueux panneaux figuratifs, de mobilier et objets en laque. Elle se consacre résolument à cette pratique qu'elle a choisie, exposant pour la première fois ses créations au Salon des Artistes Décorateurs de 1913, où elle attire l'attention de Jacques Doucet, mécène s'il en est. En 1922, elle ouvre sa propre galerie, Jean Désert, à Paris, afin de présenter ses créations dans sa ville d'adoption. Artiste sensible, en accord avec l'esprit de son temps, elle sera attirée dès le début des années 1920 par les nouvelles influences qui se font jour, par les voix qui s'élèvent proposant une nouvelle esthétique pour un âge moderne, rejetant le luxe coûteux au profit de matériaux humbles et de créations destinées au final à une production en série pour un public plus large et plus démocratique.
Telle est l'utopie tout au moins, mais ses idées radicales avant-gardistes se révèlent en réalité trop avancées pour le goût du public. La clientèle en sera très limitée tant pour Eileen Gray que pour ses contemporains modernistes. Elle réalise la plupart de ses projets à l'échelle, comme des prototypes pour son propre usage ou pour un cercle restreint d'amis et de clients en accord avec sa propre sensibilité. La facture d'un fabricant pour trois fauteuils 'Bibendum', datant de 1931, est clairement annotée de la main d'Eileen Gray.
Elle y précise que l'un de ces exemplaires est destiné à madame Mathieu-Lévy, un autreest destiné à madame Mathieu-Lévy, un autre à madame Jeanne Tachard, deux clientes d'une grande sophistication, et le dernier à son usage personnel.
La Collection du Château de Gourdon est centrée sur la période moderniste d'Eileen Gray. La majorité de ses créations appartenant aujourd'hui aux collections d'importants musées internationaux - dont notamment le MoMA, New York, le Victoria & Albert Museum, Londres, le Centre Georges- Pompidou et le Musée des Arts Décoratifs, Paris, et le National Museum of Ireland, Dublin - elle nous en offre le plus important groupe encore en mains privées. La collection peut s'enorgueillir d'oeuvres d'une provenance impeccable, précieux témoins des projets modernistes les plus importants d'Eileen Gray. Citons le paravent 'Briques' en laque noire provenant de son appartement parisien, résultant d'un premier projet exposé en 1923 ; le fauteuil 'Transat' à la surface lisse et brillante, propriété de son collaborateur l'architecte Jean Badovici ; un guéridon d'appoint en métal réglable en hauteur - peut-être sa création la plus reproduite - qu'elle conçoit pour son propre usage parmi d'autres pièces destinées spécifiquement à sa maison E-1027 dans les années 20; le lampadaire d'inspiration cubiste et la suspension 'Aéroplane' créés pour elle-même - chacun d'un dessin inventif et surprenant, emblématique d'une artiste inspirée et justement révérée.
The name of Eileen Gray has become widely acknowledged for a series of furniture designs of a seemingly effortless simplicity that belies the intelligent functionalism and the understated sculptural qualities that make these works as timelessly modern and authoritative today as they were when conceived in the '20s and '30s.
The first chapter of Miss Gray's illustrious career was devoted to the creation of sublimely luxurious figurative panels, furniture and objects in lacquer. She dedicated herself single-mindedly to her chosen craft, first exhibiting her creations at the Salon des Artistes Décorateurs in 1913, attracting the attention of no less a patron than Jacques Doucet, and opening a gallery, Jean Désert, to present her designs in her adopted city, Paris, in 1922 . But this sensitive artist, in tune with the spirit of the times in which she lived, found herself from the early '20s responding to new influences, to the emerging voices that proposed a new aesthetic for the modern age, rejecting costly luxury in favour of humble materials in designs that could ultimately lend themselves to series production for a wider, more democratic audience.
Such was the utopian theory, but in reality these radical avant-garde ideas were well ahead of public taste and for Miss Gray, as for her Modernist contemporaries, the client base was very limited.
In Miss Gray's case the majority of her designs were experiments in living executed as prototypes for her own use, or for a limited circle of friends and clients in tune with her sensibility. A receipt for the manufacture of three 'Bibendum' armchairs from 1931, for instance, is tellingly annotated in Miss Gray's hand to the effect that one was destined for Mme Matthieu-Lévy, one for Jeanne Tachard, both highly sophisticated clients, and the other for herself.
The Château de Gourdon Collection focuses on the Modernist phase of Miss Gray's career and, now that the majority of her works have found their way into major museums - including notably MoMA, New York, the Victoria & Albert Museum, London, the Pompidou Centre and the Musée des Arts Décoratifs in Paris and The National Museum of Ireland in Dublin - this is the most important group of the extant pieces in private hands. The collection boasts works of impeccable provenance that construct a precious narrative of Miss Gray's most important Modernist design projects. We note the black 'Brick' screen, the version from her own apartment of the idea first exhibited in 1923; the sleek 'Transat' armchair that had belonged to her architect collaborator Jean Badovici; an adjustable metal side table - perhaps her most extensively reproduced work - that can be traced back as one of the very pieces executed in the '20s for her house E-1027; the sculptural standing lamp and the 'Aeroplane' hanging light made for her own use - each inventive and surprising design emblematic of this inspired and justly revered artist.
La première phase de l'illustre carrière d'Eileen Gray est dévolue à la création de somptueux panneaux figuratifs, de mobilier et objets en laque. Elle se consacre résolument à cette pratique qu'elle a choisie, exposant pour la première fois ses créations au Salon des Artistes Décorateurs de 1913, où elle attire l'attention de Jacques Doucet, mécène s'il en est. En 1922, elle ouvre sa propre galerie, Jean Désert, à Paris, afin de présenter ses créations dans sa ville d'adoption. Artiste sensible, en accord avec l'esprit de son temps, elle sera attirée dès le début des années 1920 par les nouvelles influences qui se font jour, par les voix qui s'élèvent proposant une nouvelle esthétique pour un âge moderne, rejetant le luxe coûteux au profit de matériaux humbles et de créations destinées au final à une production en série pour un public plus large et plus démocratique.
Telle est l'utopie tout au moins, mais ses idées radicales avant-gardistes se révèlent en réalité trop avancées pour le goût du public. La clientèle en sera très limitée tant pour Eileen Gray que pour ses contemporains modernistes. Elle réalise la plupart de ses projets à l'échelle, comme des prototypes pour son propre usage ou pour un cercle restreint d'amis et de clients en accord avec sa propre sensibilité. La facture d'un fabricant pour trois fauteuils 'Bibendum', datant de 1931, est clairement annotée de la main d'Eileen Gray.
Elle y précise que l'un de ces exemplaires est destiné à madame Mathieu-Lévy, un autreest destiné à madame Mathieu-Lévy, un autre à madame Jeanne Tachard, deux clientes d'une grande sophistication, et le dernier à son usage personnel.
La Collection du Château de Gourdon est centrée sur la période moderniste d'Eileen Gray. La majorité de ses créations appartenant aujourd'hui aux collections d'importants musées internationaux - dont notamment le MoMA, New York, le Victoria & Albert Museum, Londres, le Centre Georges- Pompidou et le Musée des Arts Décoratifs, Paris, et le National Museum of Ireland, Dublin - elle nous en offre le plus important groupe encore en mains privées. La collection peut s'enorgueillir d'oeuvres d'une provenance impeccable, précieux témoins des projets modernistes les plus importants d'Eileen Gray. Citons le paravent 'Briques' en laque noire provenant de son appartement parisien, résultant d'un premier projet exposé en 1923 ; le fauteuil 'Transat' à la surface lisse et brillante, propriété de son collaborateur l'architecte Jean Badovici ; un guéridon d'appoint en métal réglable en hauteur - peut-être sa création la plus reproduite - qu'elle conçoit pour son propre usage parmi d'autres pièces destinées spécifiquement à sa maison E-1027 dans les années 20; le lampadaire d'inspiration cubiste et la suspension 'Aéroplane' créés pour elle-même - chacun d'un dessin inventif et surprenant, emblématique d'une artiste inspirée et justement révérée.
The name of Eileen Gray has become widely acknowledged for a series of furniture designs of a seemingly effortless simplicity that belies the intelligent functionalism and the understated sculptural qualities that make these works as timelessly modern and authoritative today as they were when conceived in the '20s and '30s.
The first chapter of Miss Gray's illustrious career was devoted to the creation of sublimely luxurious figurative panels, furniture and objects in lacquer. She dedicated herself single-mindedly to her chosen craft, first exhibiting her creations at the Salon des Artistes Décorateurs in 1913, attracting the attention of no less a patron than Jacques Doucet, and opening a gallery, Jean Désert, to present her designs in her adopted city, Paris, in 1922 . But this sensitive artist, in tune with the spirit of the times in which she lived, found herself from the early '20s responding to new influences, to the emerging voices that proposed a new aesthetic for the modern age, rejecting costly luxury in favour of humble materials in designs that could ultimately lend themselves to series production for a wider, more democratic audience.
Such was the utopian theory, but in reality these radical avant-garde ideas were well ahead of public taste and for Miss Gray, as for her Modernist contemporaries, the client base was very limited.
In Miss Gray's case the majority of her designs were experiments in living executed as prototypes for her own use, or for a limited circle of friends and clients in tune with her sensibility. A receipt for the manufacture of three 'Bibendum' armchairs from 1931, for instance, is tellingly annotated in Miss Gray's hand to the effect that one was destined for Mme Matthieu-Lévy, one for Jeanne Tachard, both highly sophisticated clients, and the other for herself.
The Château de Gourdon Collection focuses on the Modernist phase of Miss Gray's career and, now that the majority of her works have found their way into major museums - including notably MoMA, New York, the Victoria & Albert Museum, London, the Pompidou Centre and the Musée des Arts Décoratifs in Paris and The National Museum of Ireland in Dublin - this is the most important group of the extant pieces in private hands. The collection boasts works of impeccable provenance that construct a precious narrative of Miss Gray's most important Modernist design projects. We note the black 'Brick' screen, the version from her own apartment of the idea first exhibited in 1923; the sleek 'Transat' armchair that had belonged to her architect collaborator Jean Badovici; an adjustable metal side table - perhaps her most extensively reproduced work - that can be traced back as one of the very pieces executed in the '20s for her house E-1027; the sculptural standing lamp and the 'Aeroplane' hanging light made for her own use - each inventive and surprising design emblematic of this inspired and justly revered artist.
Eileen Gray (1879-1976)
PARAVENT 'BRIQUES', VERS 1923-1925
已結束2011年3月31日
成交價
EUR 1,353,000
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專家說明
La genèse du paravent 'Briques' nous est bien connue. Dans le cadre du réaménagement de l'appartement de Mme Mathieu-Lévy, Eileen Gray tapisse les murs de l'entrée de petits panneaux plats rectangulaires laqués, organisés comme une paroi de briques, qui se détachent du mur à un point donné pour former des écrans articulés. Ce schéma est finalisé en 1922 ; l'année suivante Eileen Gray expose au Salon des Artistes Décorateurs une 'Chambre boudoir pour Monte Carlo', où elle présente une paire de paravents 'Briques' de couleur blanche.
Par la suite Eileen Gray réalisera un certain nombre de paravents 'Briques' en laque noire, expérimentant différentes tailles et proportions. Six paravents 'Briques' en laque noire sont parfaitement documentés comme étant bien ses créations. Ils sont répertoriés comme suit :
- L'un partie du stock de la galerie Jean Désert, acquis par Jean Badovici, aujourd'hui propriété de la galerie DeLorenzo, New York.
- L'un acquis par Robert Walker auprès d'Eileen Gray en 1970, aujourd'hui dans une collection privée.
- L'un acquis par Mr Charles Handley-Read auprès d'Eileen Gray en 1970 ou 1971, aujourd'hui partie des collections du Victoria & Abert Museum, Londres.
- L'un acquis auprès d'Eileen Gray en 1972, aujourd'hui toujours dans la même collection privée.
- L'un acquis auprès de la succession Eileen Gray en 1978 par le MoMA, New York.
- Le paravent présenté ici, toujours propriété de l'artiste à sa mort et qui sera inclus dans la vente aux enchères de la succession Eileen Gray en 1980.
Ces paravents présentent des variantes dans la taille des 'briques' et leur dessin -- soit simples panneaux lisses et plans, soit doublés d'un autre rectangle plus petit centré en relief sur leur surface --, de même que dans l'organisation du nombre de leurs rangées verticales et horizontales. Notre paravent en est certainement la version la plus aboutie. La plus petite taille des 'briques' qui le composent contribue à sa légèreté visuelle. Notons aussi que sa configuration générale -- neuf rangées verticales et quatre rangées horizontales -- permet l'utilisation d'une 'brique' entière à chaque angle, conférant au dessin d'ensemble une véritable logique et une réelle symétrie.
La datation des six paravents sus-mentionnés demeure incertaine. Seul celui ayant appartenu à Jean Badovici peut être identifié de façon précise sur des photographies datant des années 1920. Les archives restantes, malheureusement incomplètes, font apparatre que Eileen Gray continuera à fabriquer, recomposera ou re-laquera ces paravents jusqu'aux dernières années de sa vie. Notre exemplaire, déjà particulier du fait de ses proportions parfaites, bénéficie par ailleurs d'une provenance idéale, puisqu'il faisait partie de l'univers même d'Eileen Gray : il faisait face à l'un des paravents 'Briques' blancs exposés en 1923, dans l'appartement de l'artiste, rue Bonaparte, comme dans un jeu de miroir.
'L'une des création de [Eileen] Gray les plus saisissantes et les plus élégantes qui fait fonction de mur amovible délimitant l'espace, mais apparait aussi comme une sculpture composée de pleins et de vides, marquée par l'influence du Cubisme".
--Extrait du texte de présentation pour le paravent 'Briques', MomA, New York.
Par la suite Eileen Gray réalisera un certain nombre de paravents 'Briques' en laque noire, expérimentant différentes tailles et proportions. Six paravents 'Briques' en laque noire sont parfaitement documentés comme étant bien ses créations. Ils sont répertoriés comme suit :
- L'un partie du stock de la galerie Jean Désert, acquis par Jean Badovici, aujourd'hui propriété de la galerie DeLorenzo, New York.
- L'un acquis par Robert Walker auprès d'Eileen Gray en 1970, aujourd'hui dans une collection privée.
- L'un acquis par Mr Charles Handley-Read auprès d'Eileen Gray en 1970 ou 1971, aujourd'hui partie des collections du Victoria & Abert Museum, Londres.
- L'un acquis auprès d'Eileen Gray en 1972, aujourd'hui toujours dans la même collection privée.
- L'un acquis auprès de la succession Eileen Gray en 1978 par le MoMA, New York.
- Le paravent présenté ici, toujours propriété de l'artiste à sa mort et qui sera inclus dans la vente aux enchères de la succession Eileen Gray en 1980.
Ces paravents présentent des variantes dans la taille des 'briques' et leur dessin -- soit simples panneaux lisses et plans, soit doublés d'un autre rectangle plus petit centré en relief sur leur surface --, de même que dans l'organisation du nombre de leurs rangées verticales et horizontales. Notre paravent en est certainement la version la plus aboutie. La plus petite taille des 'briques' qui le composent contribue à sa légèreté visuelle. Notons aussi que sa configuration générale -- neuf rangées verticales et quatre rangées horizontales -- permet l'utilisation d'une 'brique' entière à chaque angle, conférant au dessin d'ensemble une véritable logique et une réelle symétrie.
La datation des six paravents sus-mentionnés demeure incertaine. Seul celui ayant appartenu à Jean Badovici peut être identifié de façon précise sur des photographies datant des années 1920. Les archives restantes, malheureusement incomplètes, font apparatre que Eileen Gray continuera à fabriquer, recomposera ou re-laquera ces paravents jusqu'aux dernières années de sa vie. Notre exemplaire, déjà particulier du fait de ses proportions parfaites, bénéficie par ailleurs d'une provenance idéale, puisqu'il faisait partie de l'univers même d'Eileen Gray : il faisait face à l'un des paravents 'Briques' blancs exposés en 1923, dans l'appartement de l'artiste, rue Bonaparte, comme dans un jeu de miroir.
'L'une des création de [Eileen] Gray les plus saisissantes et les plus élégantes qui fait fonction de mur amovible délimitant l'espace, mais apparait aussi comme une sculpture composée de pleins et de vides, marquée par l'influence du Cubisme".
--Extrait du texte de présentation pour le paravent 'Briques', MomA, New York.