Lot Essay
Commandé par le Ministère de l’Intérieur à la suite de 'commentaires élogieux' de Charles Thévenin (1764-1838), directeur de l’Académie de France à Rome, Ingres (1780-1867) réalisa son tableau Le Vœu de Louis XIII alors qu’il se trouvait à Florence au début des années 1820 (A. Dor, Le Vœu de Louis XIII de la cathédrale de Montauban : restauration et histoire matérielle d’une œuvre d’Ingres, Toulouse, 2018, p. 10). Présenté au Salon de 1824, cet événement, dont Stendhal (1783-1842) estima : ‘nous sommes à la veille d’une révolution dans les beaux-arts’, vit s’opposer les tenants du romantisme, et du classicisme ('Salon de 1824', in D. Massonnaud, Le Nu moderne au salon (1799-1853) : Revue de presse, Grenoble, 2005 [en ligne]). Aujourd’hui conservé dans la cathédrale de Montauban, le tableau s’inscrivait dans une vaste politique gouvernementale d’aménagement des lieux de cultes en France par des artistes contemporains. La présentation de l’ensemble fut méticuleusement préparée et rencontra un vif succès lors du Salon, ouvrant au natif de Montauban les portes de l’Académie des beaux-arts l’année suivante.
Ingres, dont le souhait initial était de représenter une Assomption de la Vierge, modifia son projet pour se conformer à la demande des autorités, et commanditaires locaux. Bien qu’enjoint à représenter le songe de Louis XIII (1601-1643), le peintre distingue deux compositions, dont l’une occupe une place plus importante à ses yeux. ‘Je n’ai jamais pensé ne pas peindre l’Assomption, qui est le bouquet du tableau’ écrivait-il en 1821 à son ami Jean-François Gilibert (1783-1850) (A.-J. Boyer d’Agen, 'Le vœu de Louis XIII : lettres inédites', La Revue hebdomadaire, 10 juillet 1909, 28, p. 253).
Notre étude est le fruit des recherches multiples qu’effectua le peintre pour parfaire l’élément central de sa composition. Ayant hésité à représenter le Christ Enfant assis, comme l’évoquent des dessins préparatoires, Ingres fit le choix d’une représentation soulignant la tendresse maternelle. La toile de la collection Josefowitz marque encore une étape intermédiaire avant la composition finale, comme le révèle ce geste de bénédiction qui ne sera pas repris sur le tableau de Montauban. L’œuvre ici présentée, dont il existe une esquisse conservée au Musée Bonnat-Helleu à Bayonne (no. inv. 2236), est le ‘fruit de [ses] constantes études sur l’art italien où ces sortes de sujets anachroniques abondent’ mûries lors de son séjour dans la péninsule. Puisant dans le corpus iconographique du maître d’Urbino, Ingres ne ‘s’épargne rien pour rendre la chose raphaélesque’ dans les différents éléments de sa composition (H. Delaborde, 1850, op. cit., p. 178). L’étude provenant de la collection Josefowitz est le témoignage du processus créatif d’une œuvre marquant un jalon fondamental dans la carrière d’Ingres, qui le confirma comme un artiste reconnu par la critique et ses pairs.
Ingres, dont le souhait initial était de représenter une Assomption de la Vierge, modifia son projet pour se conformer à la demande des autorités, et commanditaires locaux. Bien qu’enjoint à représenter le songe de Louis XIII (1601-1643), le peintre distingue deux compositions, dont l’une occupe une place plus importante à ses yeux. ‘Je n’ai jamais pensé ne pas peindre l’Assomption, qui est le bouquet du tableau’ écrivait-il en 1821 à son ami Jean-François Gilibert (1783-1850) (A.-J. Boyer d’Agen, 'Le vœu de Louis XIII : lettres inédites', La Revue hebdomadaire, 10 juillet 1909, 28, p. 253).
Notre étude est le fruit des recherches multiples qu’effectua le peintre pour parfaire l’élément central de sa composition. Ayant hésité à représenter le Christ Enfant assis, comme l’évoquent des dessins préparatoires, Ingres fit le choix d’une représentation soulignant la tendresse maternelle. La toile de la collection Josefowitz marque encore une étape intermédiaire avant la composition finale, comme le révèle ce geste de bénédiction qui ne sera pas repris sur le tableau de Montauban. L’œuvre ici présentée, dont il existe une esquisse conservée au Musée Bonnat-Helleu à Bayonne (no. inv. 2236), est le ‘fruit de [ses] constantes études sur l’art italien où ces sortes de sujets anachroniques abondent’ mûries lors de son séjour dans la péninsule. Puisant dans le corpus iconographique du maître d’Urbino, Ingres ne ‘s’épargne rien pour rendre la chose raphaélesque’ dans les différents éléments de sa composition (H. Delaborde, 1850, op. cit., p. 178). L’étude provenant de la collection Josefowitz est le témoignage du processus créatif d’une œuvre marquant un jalon fondamental dans la carrière d’Ingres, qui le confirma comme un artiste reconnu par la critique et ses pairs.
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