ANNE-LOUIS GIRODET-TRIOSON (MONTARGIS 1767-1824 PARIS)
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L'Odalisque

Details
ANNE-LOUIS GIRODET-TRIOSON (MONTARGIS 1767-1824 PARIS)
L'Odalisque
huile sur toile
40,3 x 32,7 cm (15 7/8 x 12 7/8 in.)
Provenance
Donné par l'artiste à la famille de l'actuel propriétaire ;
Puis par descendance à l'actuel propriétaire.
Engraved
Gravé par Madame Louis G. d'après Anne-Louis Girodet-Trioson, L'Odalisque (S. Bellanger (dir.), Girodet 1767-1824, [cat. exp.], Paris ; Chicago ; New York ; Montréal, 2005-2007, pp. 396-397, sous la note 23).
Gravé par Hyacinthe Aubry-Lecomte (1787-1858) d'après Anne-Louis Girodet-Trioson, Odalisque (exposé au Salon de 1824, n°2082).
Further Details
ANNE-LOUIS GIRODET-TRIOSON (1767-1824), THE ODALISQUE, OIL ON CANVAS

This portrait of a young girl with luxurious dark curls was gifted by artist to the ancestors of the current owners, and is being offered at auction for the first time since its conception.

The richness of Girodet's art (1767-1824) sets him apart from the somewhat narrow classifications of his time. Artists of the 1800s were sometimes arbitrarily divided between a triumphant neoclassicism and a nascent romanticism. It is certainly true that Girodet owed a debt to Neoclassicism, first and foremost to his master David (1748-1825), who took him into his studio in 1785. David’s influence is tangible in the younger artist’s opaline, pearly palette, which can be seen in both his ambitious historical compositions and his intimate portraits of women. Coupin (1780-1841) reported - slightly sarcastically - that 'every day, before entering his dressing room, [Girodet] went to prepare his palette in front of the Horatii' (P. A. Coupin, Oeuvres posthumes de Girodet-Trioson, peintre d'histoire; suivies de sa correspondance; précédées d'une notice historique et mises en ordre, 1829, 1, p. IV).

But the artists trained by David, far from moulding themselves into a single model, all retained a very strong individuality, perhaps exacerbated by their rivalry with one another. Gros, Fabre, Isabey, Girodet and others each took a singular direction, and of all of them, Girodet certainly produced the most original compositions. In comparison with his daring compositions tinged with eroticism - in this respect very different from the more heroic Davidian paintings - such as his Sleep of Endymion (1791, Musée du Louvre, Paris, inv. no. 4935), his portraiture is marked by a sensitive intimacy. The great personalities of his day posed for the artist, including Chateaubriand (1808, Musée d'Histoire de la Ville et du Pays Malouin, Saint-Malo, inv. no. 1950.11.1) and Queen Hortense (c. 1809, Rijksmuseum, Amsterdam, inv. no. SK-A-4943).

In the 1820s, he produced a number of portraits of women wearing exoticising turbans known as Caucasians or Odalisques that had an atemporal appeal reminiscent of the Sybils by Domenichino (1581-1641) and Guido Reni’s (1575-1642) depictions of the Virgin. Sylvain Bellanger (op. cit., p. 397) believes that the model of our delicate Odalisque also posed wearing in a blue turban (Tête de femme au turban bleu, private collection) and Girodet re-uses this same striped turban in a painting kept at the Hermitage (La Caucasienne, Hermitage Museum, St Petersburg, inv. no. ГЭ-8235). The existence of two different prints after the present painting suggests that Girodet was very pleased with his timeless composition, as well as desirous to train his student engravers in his refined drawing style.

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Olivia Ghosh
Olivia Ghosh Associate Specialist

Lot Essay

Provenant directement d’un don de l’artiste aux aïeux des actuels propriétaires, ce portrait de jeune fille aux boucles brillantes et sombres est proposé à l'encan pour la première fois depuis sa conception.

Par la richesse de son art, Girodet (1767-1824) se distingue des classifications un peu étroites des courants de son temps. Les artistes des années 1800 ont été distingués parfois un peu arbitrairement entre un néoclassicisme triomphant, ou un romantisme naîssant. Girodet conserve certes une dette envers le néoclassicisme et d’abord par son maître David (1748-1825) qui le prit dans son atelier en 1785. Son influence est tangible dans sa palette opaline, nacrée, que le jeune artiste emploie aussi bien dans les ambitieuses compositions historiques que dans ses intimes portraits de femmes. Coupin (1780-1841) rapporte – avec un léger sarcasme – que Girodet 'chaque jour, avant d’entrer en loge, allait préparer sa palette devant les Horaces' (P. A. Coupin, Oeuvres posthumes de Girodet-Trioson, peintre d'histoire; suivies de sa correspondance ; précédées d'une notice historique et mises en ordre,1829, 1, p. IV).

Mais les artistes formés par David, loin de se mouler dans un modèle unique, ont tous conservé une très forte personnalité, peut-être exacerbée par la rivalité de ces nombreux talents regroupés au même endroit. Gros, Fabre, Isabey, Girodet et consorts, ont chacun pris une direction singulière, et de tous, Girodet offrit certainement les compositions les plus originales.
À côté de ses audacieuses compositions à l’érotisme assumé – et en cela bien différentes des peintures davidiennes plus héroïques–, comme son Sommeil d’Endymion (1791, musée du Louvre, Paris, no. inv. 4935) sa production de portraits est marquée par une intimité sensible. Les grandes personnalités du siècle à venir poseront d’ailleurs pour l’artiste, Chateaubriand (1808, musée d'Histoire de la Ville et du Pays Malouin, Saint-Malo, no. inv. 1950.11.1), la Reine Hortense (vers 1809, Rijksmuseum, Amsterdam, no. inv. SK-A-4943), etc.

Dans les années 1820, il livra plusieurs portraits de femmes au turban nommées Caucasiennes ou Odalisques à l’esthétique éternelle renvoyant aussi bien aux Sybilles du Dominiquin (1581-1641) qu’aux Vierges de Reni (1575-1642). Sylvain Bellanger (op. cit., p. 397) suppose que le modèle de notre délicate Odalisque a également posé habillé d’un turban bleu (Tête de femme au turban bleu, collection particulière) et Girodet réemploie ce même turban rayé dans une peinture conservée à l’Hermitage (La Caucasienne, musée de L’Hermitage, Saint-Pétersbourg, no. inv. ГЭ-8235). La diffusion de notre modèle par deux estampes différentes suppose la volonté de Girodet de propager ces modèles intemporelles en même temps que de former ses élèves graveurs à son dessin épuré.

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