ATTRIBUÉ À MARIA FELICE TIBALDI (1707-1770)
Lot 47 Ancienne collection de Jules Strauss

ATTRIBUÉ À MARIA FELICE TIBALDI (1707-1770)

Le triomphe d'Arlequin

Closed15 June 2023

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EUR 23,940

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ATTRIBUÉ À MARIA FELICE TIBALDI (1707-1770)
Le triomphe d'Arlequin
huile sur toile
26,2 x 50,6 cm. (10 1/3 x 19 7/8 in.)

Collection de Jules Strauss (1861-1943) ; puis par descendance à sa fille, Francoise Hélène Juliette Sorbac (1900-1986) ; puis par descendance à l'actuel propriétaire.

Specialist note

Cette joyeuse compagnie bariolée organisée autour d’un char féérique regroupe différentes figures en tenue d’Arlequin. Un couple d’amants au sommet du char, aux gestuelles exagérées bien fidèles à l’esthétique de la Comedia dell’Arte, est particulièrement mis en avant dans ce cortège matrimonial. L’Arlequin principal de la composition emprunte sa pose à une peinture de Watteau (1684-1721) connue par la gravure de Charles-Nicolas Cochin (1715-1790), Pour garder l’honneur d’une belle (British Museum, Londres, no. inv. 1838,0526.1.83) tandis que le char lui-même rappelle une gravure de 1735 par Jean-Baptiste Marie Pierre (1714-1789), Mascarade chinoise (Metropolitan museum of Art, New York, no. inv. 53.600.4449).

La composition entière de notre peinture avec cette frise d’Arlequins se rapproche quant à elle d’un tableau de Pierre Subleyras (1699-1749) provenant de la collection du cardinal Valenti-Gonzaga (1690-1756), et passé en vente en 2001 (vente anonyme, Christie’s Londres, 2 novembre 2001, lot 101). Davantage chargé et dans un décor évoquant plus significativement le théâtre, le tableau de Pierre Subleyras était peut-être un projet pour un décor de boiserie. Il a été repris avec des variantes par sa femme, Maria Felice Tibaldi (1707-1770), dans une peinture de même composition et même format que celle que nous présentons aujourd’hui, conservée au musée des Augustins (Toulouse, no. inv. 55 1 1). Le format hémisphérique de la peinture de Maria Subleyras de Toulouse ne laisse aucun doute quant à sa destination, il s'agit d'un projet d’éventail que l’on pensait destiné à la reine d’Espagne, Élisabeth Farnèse (1692-1766). Un modèle d’éventail achevé d’après cette composition est aujourd’hui conservé au Victoria and Albert Museum de Londres (no. inv. T.153-1920).

Maria Tibaldi était une peintre miniaturiste brillante qui fut, comme son mari, pensionnaire de l’Académie de Saint-Luc à Rome à partir de 1742. Elle est d’ailleurs la seconde femme à intégrer l’assemblée après Rosalba Carriera (1673-1757). Son interprétation du tableau de Pierre Subleyras semble avoir connu une heureuse réception. On considère que plusieurs modèles d’éventails s’en sont inspirés, que la composition fut répétée par l’artiste elle-même et qu’elle en inspira d’autres. Une peinture de Hubert Robert (1733-1808), autrefois donnée à Watteau (localisation actuelle inconnue) reprend en effet la composition imaginée par Maria Subleyras dans un parc clos (voir M. Roland Michel, 'Notes on a Painting by Hubert Robert Formerly Attributed to Watteau', The Burlington Magazine, novembre 1960, 102, 962, pp. ii-iii).