SHIRO KURAMATA (1934-1991)
Lot 120 C’est en visionnant en 1988 pour la première fois le film Un tramway nommé désir (A Streetcar Named Desire, réalisé par Elia Kazan en 1951 et tiré de la pièce de Tenessee Williams de 1947) que vient à Kuramata l’inspiration pour l’œuvre Miss Blanche. Profondément ému par l’interprétation de Blanche DuBois de Vivien Leigh (pour laquelle l’actrice remporte un Oscar), Kuramata décide de lui rendre hommage en créant un fauteuil reflétant toute la vanité et la fragilité psychologique de Blanche, symbolisées par des roses parfaitement formées qui semblent flotter dans le vide.
Si les roses semblent éternellement piégées dans l’acrylique en une chute qui jamais ne s’interrompt, le spectateur comprend que leur beauté délicate n’est qu’éphémère et amenée à s’estomper comme celle de DuBois. L’impression n’est pas sans rappeler Le Grand Verre de Marcel Duchamp (La Mariée mise à nu par ses célibataires, même, 1915-1923) où l’action suggérée est emprisonnée sans qu’elle ne puisse jamais se délier. Elle illustre par ailleurs toute la tension au cœur du travail de Kuramata où rien n’est ce qu’il semble : l’action au cœur de l’œuvre n’existe pas, le parfait rouge des pétales cache un objet inorganique et le vide qui entoure les fleurs est en réalité occupé par de denses panneaux d’acrylique de 6 centimètres d’épaisseur, produisant ainsi un effet inverse à la série How high the Moon, où l’apparence massive des pièces cache un fin maillage de métal presqu’aérien.
La chaise elle-même est exceptionnellement difficile à produire. Dans le cadre du processus de création, les fleurs devaient être maintenues en place avec des pincettes jusqu'à ce que la couche inférieure de l'acrylique coulé durcisse. Kuramata souhaite initialement utiliser de vraies roses, mais découvre qu'elles ne survivent pas au contact de l'acrylique liquide. Il décide alors d’utiliser des roses artificielles, une solution que le créateur trouve finalement plus adaptée : le verre et les fleurs doivent être faux « parce que Blanche est fausse ».
Produite pour la première fois en 1989 à seulement 56 exemplaires, un pour chaque année de la vie de Kuramata, le fauteuil Miss Blanche est probablement l’œuvre la plus importante de l’artiste, présente dans les collections permanentes de certaines des plus grandes institutions mondiales, dont le Museum of Modern Art (New York), le Dallas Museum of Art et le Victoria & Albert Museum (Londres).

Kuramata's inspiration for his Miss Blanche work came in 1988 when he first saw the film A Streetcar Named Desire (directed by Elia Kazan in 1951 and based on Tennessee Williams' 1947 play). Deeply moved by Vivien Leigh's performance as Blanche DuBois (for which the actress won an Oscar), Kuramata decided to pay tribute to her by creating an armchair reflecting all of Blanche's vanity and psychological fragility, symbolised by perfectly formed roses that seem to float in the void.
Although the roses look as if they are trapped forever in the acrylic in a never-ending fall, the observer understands that their delicate beauty is only ephemeral and destined to fade away like that of DuBois. The impression is reminiscent of Marcel Duchamp's The Large Glass (La mariée mise à nu par ses célibataires, même, 1915-1923) where the suggested action is imprisoned without ever being able to be released. It also illustrates all the tension at the heart of Kuramata's work where nothing is what it seems: the action at the heart of the work does not exist, the perfect red of the petals hides an inorganic object and the void that surrounds the flowers is actually filled by dense acrylic panels 6 centimetres thick, producing the opposite effect to the How High the Moon series, where the massive appearance of the pieces hides a fine, almost airy metal mesh.
The chair itself is exceptionally difficult to produce. First, a completely transparent acrylic resin is created. Next, a technique is applied to ensure that the roses remain optimally placed in the plastic. During this process, the flowers have to be held in place with tweezers until the bottom layer of the cast acrylic has hardened. Kuramata initially wanted to use real roses, but discovered that they do not survive contact with liquid acrylic. So he decided to use artificial roses, a solution that the designer felt more appropriate in the end: the glass and the flowers should be fake " because Blanche is fake ".
Produced for the first time in 1989 in only 56 copies, one for each year of Kuramata's life, the Miss Blanche armchair is probably the artist's most important work and can be found in the permanent collections of some of the world's most important museums, including the Museum of Modern Art (New York), the Dallas Museum of Art and the Victoria & Albert Museum (London).

SHIRO KURAMATA (1934-1991)

Fauteuil 'Miss Blanche', le modèle créé en 1988, celui-ci réalisé en 1991

Closed30 June 2020

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EUR 225,000

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SHIRO KURAMATA (1934-1991)
Fauteuil 'Miss Blanche', le modèle créé en 1988, celui-ci réalisé en 1991
Acrylique, roses artificielles, aluminium recouvert d'epoxy / acrylic, artificial roses, epoxy coated aluminium
91 x 63 x 60 cm / 35 ¾ x 24 ¾ x 23 ¾ in

Galerie Gad Marciano, Genève, acquis directement auprès de l'artiste, vers 1991.
Collection privée, Genève, acquis auprès de cette dernière, vers 1991.