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Lot 112
Edgar Degas (1834-1917)
Autoportrait
Fermé29 May 2020
Prix réalisé
EUR 187,500
Plus d'informations
Edgar Degas (1834-1917)
Autoportrait
huile sur papier marouflé sur toile
27.7 x 20.2 cm. (11 x 8 in.)
Exécuté vers 1856
Autoportrait
huile sur papier marouflé sur toile
27.7 x 20.2 cm. (11 x 8 in.)
Exécuté vers 1856
Edgar Degas (1834-1917)
Autoportrait
huile sur papier marouflé sur toile
27.7 x 20.2 cm. (11 x 8 in.)
Exécuté vers 1856
Autoportrait
huile sur papier marouflé sur toile
27.7 x 20.2 cm. (11 x 8 in.)
Exécuté vers 1856
Jeanne Fèvre, Nice.
Collection particulière, France; vente, Me Rheims, Paris, 22 mars 1955, lot 69 (titré 'Degas par lui-même').
Maurice Loncle, Paris.
Edmond Cormier-Thierry-Delanoue, Montfort-l’Amaury (avant 1960).
Puis par descendance.
Collection particulière, France; vente, Me Rheims, Paris, 22 mars 1955, lot 69 (titré 'Degas par lui-même').
Maurice Loncle, Paris.
Edmond Cormier-Thierry-Delanoue, Montfort-l’Amaury (avant 1960).
Puis par descendance.
J. Chazade, 'Degas : La fin des chefs-d'œuvre', in L'Œil, no. 242, septembre 1975, p. 52 (illustré).
P. Brame et T. Reff, Degas et son œuvre, A supplement, New York et Londres, 1984, p. 32, no. 29 (illustré, p. 33).
P. Brame et T. Reff, Degas et son œuvre, A supplement, New York et Londres, 1984, p. 32, no. 29 (illustré, p. 33).
Paris, Galerie Schmit, Portraits français XIXe et XXe siècles, mai-juin 1974, p. 14, no. 14 (illustré; erronément décrit comme 'carton').
Paris, Galerie Schmit, Degas, mai-juin 1975, p. 6, no. 3 (illustré en couleurs, p. 7).
Tokyo, Seibu Museum of Art; Kyoto, Musée de la Ville de Tokyo et Fukuoka, Centre Culturel de Fukuoka, Degas, septembre 1976-janvier 1977, no. 2 (illustré en couleurs; titré 'Autoportrait de Degas').
Paris, Galerie Schmit, Degas, mai-juin 1975, p. 6, no. 3 (illustré en couleurs, p. 7).
Tokyo, Seibu Museum of Art; Kyoto, Musée de la Ville de Tokyo et Fukuoka, Centre Culturel de Fukuoka, Degas, septembre 1976-janvier 1977, no. 2 (illustré en couleurs; titré 'Autoportrait de Degas').
« L'œil de l'observateur a beau se laisser aller au hasard de l'espace pictural, il finit toujours par être ramené à ce regard perçant. Ce phénomène s'applique à l'ensemble des autoportraits de Degas : les grands yeux, sombres, inquisiteurs, curieux, se trouvent invariablement au cœur de l'expression plastique » (F. Baumann, ‘Degas’s Early Self-Portraits’ in Degas: Portraits, cat. exp., Zurich, 1994, p. 168).
Peint vers 1856, Autoportrait ouvre une fenêtre édifiante sur la vie du jeune Edgar Degas au seuil de sa prolifique et brillante carrière. Rendu à la façon d'une ébauche, dans des nuances de bruns et de rouge foncé, l'artiste se dépeint ici de face, comme pour braver l'inéluctable fugacité de la vie. La présente huile sur papier voit le jour au cours d'une période où Degas multiplie les études, les recherches et les supports en matière d'autoportraits. Comme d'autres travaux réalisés au début de sa vingtaine, elle témoigne d'une transition décisive entre l'adolescence et l'âge adulte ; aussi ne s'étonne-t-on guère que le jeune artiste, pensif et scrupuleux, ait tourné son regard sur lui-même durant ces années-là.
S'il n'y a rien de plus naturel qu'une grande introspection à l'âge du doute et de la découverte de soi, l'acharnement avec lequel Degas se concentre sur sa propre image à l'aube de sa carrière dépasse toutefois la simple auto-analyse. Tout au long de sa vie, le peintre fera preuve d'une admiration débordante pour les Maîtres : au moment de concevoir cette œuvre, il est déjà inscrit depuis plusieurs années en copiste au Louvre – occupation à laquelle il se consacrera jusque dans la force de l'âge, contemplant, admirant et reproduisant sans relâche le travail de ses prédécesseurs.
En 1856, Degas se rend par ailleurs en Italie pour entreprendre son propre Grand Tour, entre Naples, Rome et Florence. Il y séjourne durant trois déterminantes années, au cours desquelles il peint aussi bien des sujets historiques que des portraits, à mesure qu'il s’imprègne des œuvres des grands artistes de la Renaissance, notamment Michel-Ange, Raphaël ou Le Titien. C'est d'ailleurs lors de son séjour à Naples auprès de la famille de sa tante qu'il réalise les premières études de son chef-d'œuvre de jeunesse, La Famille Bellelli, auquel il travaille entre 1858 et 1867.
Les portraits de Degas invoquent la complexité de la psyché humaine. En témoignent ses célèbres représentations de danseuses de l'Opéra, dans lesquelles l'artiste ne s'intéresse pas tant à l'atmosphère du spectacle et à l'exaltation que suscite le ballet en lui-même, qu'aux moments plus calmes, plus intimes qui s'écoulent en coulisses. Captivé par ces instants sans fard, ces fragments de réalité à découvert, Degas s'évertue à retranscrire l'univers intérieur de ses sujets. On retrouve cette même intention dans ses premiers autoportraits : traversés d'une vive intensité psychologique, les œuvres comme celle-ci renvoient à la solitude intrinsèque de la condition humaine. Très réservé, Degas se coupera du monde vers la fin de sa vie, se tenant toujours plus à l'écart de ses contemporains. Dans cette œuvre précoce sur papier, on devine, déjà, le tempérament grave de l'artiste au regard à la fois introverti et méditatif.
“If the viewer’s own eyes wander over the pictorial field, he is always drawn back to this penetrating gaze. This phenomenon is common to all Degas’s self-portraits: the large, dark, questioning, wondering eyes are always at the centre of the pictorial expression”.
F. Baumann, ‘Degas’s Early Self-Portraits’ in Degas: Portraits, exh. cat., Zurich 1994, p. 168.
Executed circa 1856, Autoportrait provides a fascinating insight into the life of a young Edgar Degas on the brink of what was to become a prolific and prosperous career. Composed with a sketchy quality in brown and dark red hues, the artist presents himself facing outwards, as if confronting the fleeting transience of life. Rendered in oil on paper, the present work was produced during a period in which the artist experimented with a large number of self-portrait studies in various media. Such works, composed at the start of the artist’s twenties, mark a time of great transition between adolescence and adulthood, and it is of little wonder that the pensive Degas turned his probing artist’s eye upon himself during these years.
An age of self-doubt as much as self-discovery, this universal moment of impending maturity naturally awakens an intense scrutiny of selfhood. The level of devotion with which Degas reflected on his own image during this early period of his career, however, suggests something more than a straightforward questioning of his own identity. Indeed, throughout his life, the artist showed deep reverence for the Old Masters: in the years preceding the present work’s creation, he had registered as a copyist in the Louvre – a pastime that would continue to engage him well into middle age. Here, he would contemplate, admire and sketch from the work of the great artists before him.
In 1856, Degas travelled to Italy, where he embarked on his own Grand Tour in Naples, Rome and Florence. He stayed for three formative years, copying works by Renaissance artists such as Michelangelo, Raphael and Titian, and making both history paintings and portraits. It was in Naples in 1856, whilst staying with his aunt’s family, that he made the first studies for his early masterpiece The Bellelli Family, 1858-67.
Degas’ portraits grapple with the complexities of the human psyche. Renowned for his depictions of ballet dancers, the artist was drawn not to the climatic excitement of the performance itself, but rather to the quieter moments that took place behind the scenes. Entranced by these instants of unmasked and unfeigned reality, Degas sought to capture a sense of his subjects’ inner worlds. The same can be noted in his early self-portraits: cut with a raw psychological intensity, works such as the present seem to reflect on the ultimate solitude of the human condition. A deeply private man, Degas lived in increasing isolation towards the end of his life, distancing himself from his peers and indeed, in this early work on paper, one gains a sense of the artist’s serious countenance and pensive inward eye.
'AUTOPORTRAIT'; OIL ON PAPER LAID DOWN ON CANVAS.
Veuillez noter que des frais additionnels de 5.5% TTC du prix d’adjudication seront prélevés en sus des frais habituels à la charge de l’acheteur. Ces frais additionnels seront remboursés à l’acheteur sur présentation d’une preuve d’exportation du lot hors de l’UE dans les délais légaux (se référer au chapitre sur la TVA).
Please note that in addition to the regular Buyer’s premium, a commission of 5.5% inclusive of VAT of the hammer price will be charged to the buyer. It will be refunded to the Buyer upon proof of export of the lot outside the European Union within the legal time limit. (Please refer to section VAT refunds).
Peint vers 1856, Autoportrait ouvre une fenêtre édifiante sur la vie du jeune Edgar Degas au seuil de sa prolifique et brillante carrière. Rendu à la façon d'une ébauche, dans des nuances de bruns et de rouge foncé, l'artiste se dépeint ici de face, comme pour braver l'inéluctable fugacité de la vie. La présente huile sur papier voit le jour au cours d'une période où Degas multiplie les études, les recherches et les supports en matière d'autoportraits. Comme d'autres travaux réalisés au début de sa vingtaine, elle témoigne d'une transition décisive entre l'adolescence et l'âge adulte ; aussi ne s'étonne-t-on guère que le jeune artiste, pensif et scrupuleux, ait tourné son regard sur lui-même durant ces années-là.
S'il n'y a rien de plus naturel qu'une grande introspection à l'âge du doute et de la découverte de soi, l'acharnement avec lequel Degas se concentre sur sa propre image à l'aube de sa carrière dépasse toutefois la simple auto-analyse. Tout au long de sa vie, le peintre fera preuve d'une admiration débordante pour les Maîtres : au moment de concevoir cette œuvre, il est déjà inscrit depuis plusieurs années en copiste au Louvre – occupation à laquelle il se consacrera jusque dans la force de l'âge, contemplant, admirant et reproduisant sans relâche le travail de ses prédécesseurs.
En 1856, Degas se rend par ailleurs en Italie pour entreprendre son propre Grand Tour, entre Naples, Rome et Florence. Il y séjourne durant trois déterminantes années, au cours desquelles il peint aussi bien des sujets historiques que des portraits, à mesure qu'il s’imprègne des œuvres des grands artistes de la Renaissance, notamment Michel-Ange, Raphaël ou Le Titien. C'est d'ailleurs lors de son séjour à Naples auprès de la famille de sa tante qu'il réalise les premières études de son chef-d'œuvre de jeunesse, La Famille Bellelli, auquel il travaille entre 1858 et 1867.
Les portraits de Degas invoquent la complexité de la psyché humaine. En témoignent ses célèbres représentations de danseuses de l'Opéra, dans lesquelles l'artiste ne s'intéresse pas tant à l'atmosphère du spectacle et à l'exaltation que suscite le ballet en lui-même, qu'aux moments plus calmes, plus intimes qui s'écoulent en coulisses. Captivé par ces instants sans fard, ces fragments de réalité à découvert, Degas s'évertue à retranscrire l'univers intérieur de ses sujets. On retrouve cette même intention dans ses premiers autoportraits : traversés d'une vive intensité psychologique, les œuvres comme celle-ci renvoient à la solitude intrinsèque de la condition humaine. Très réservé, Degas se coupera du monde vers la fin de sa vie, se tenant toujours plus à l'écart de ses contemporains. Dans cette œuvre précoce sur papier, on devine, déjà, le tempérament grave de l'artiste au regard à la fois introverti et méditatif.
“If the viewer’s own eyes wander over the pictorial field, he is always drawn back to this penetrating gaze. This phenomenon is common to all Degas’s self-portraits: the large, dark, questioning, wondering eyes are always at the centre of the pictorial expression”.
F. Baumann, ‘Degas’s Early Self-Portraits’ in Degas: Portraits, exh. cat., Zurich 1994, p. 168.
Executed circa 1856, Autoportrait provides a fascinating insight into the life of a young Edgar Degas on the brink of what was to become a prolific and prosperous career. Composed with a sketchy quality in brown and dark red hues, the artist presents himself facing outwards, as if confronting the fleeting transience of life. Rendered in oil on paper, the present work was produced during a period in which the artist experimented with a large number of self-portrait studies in various media. Such works, composed at the start of the artist’s twenties, mark a time of great transition between adolescence and adulthood, and it is of little wonder that the pensive Degas turned his probing artist’s eye upon himself during these years.
An age of self-doubt as much as self-discovery, this universal moment of impending maturity naturally awakens an intense scrutiny of selfhood. The level of devotion with which Degas reflected on his own image during this early period of his career, however, suggests something more than a straightforward questioning of his own identity. Indeed, throughout his life, the artist showed deep reverence for the Old Masters: in the years preceding the present work’s creation, he had registered as a copyist in the Louvre – a pastime that would continue to engage him well into middle age. Here, he would contemplate, admire and sketch from the work of the great artists before him.
In 1856, Degas travelled to Italy, where he embarked on his own Grand Tour in Naples, Rome and Florence. He stayed for three formative years, copying works by Renaissance artists such as Michelangelo, Raphael and Titian, and making both history paintings and portraits. It was in Naples in 1856, whilst staying with his aunt’s family, that he made the first studies for his early masterpiece The Bellelli Family, 1858-67.
Degas’ portraits grapple with the complexities of the human psyche. Renowned for his depictions of ballet dancers, the artist was drawn not to the climatic excitement of the performance itself, but rather to the quieter moments that took place behind the scenes. Entranced by these instants of unmasked and unfeigned reality, Degas sought to capture a sense of his subjects’ inner worlds. The same can be noted in his early self-portraits: cut with a raw psychological intensity, works such as the present seem to reflect on the ultimate solitude of the human condition. A deeply private man, Degas lived in increasing isolation towards the end of his life, distancing himself from his peers and indeed, in this early work on paper, one gains a sense of the artist’s serious countenance and pensive inward eye.
'AUTOPORTRAIT'; OIL ON PAPER LAID DOWN ON CANVAS.
Veuillez noter que des frais additionnels de 5.5% TTC du prix d’adjudication seront prélevés en sus des frais habituels à la charge de l’acheteur. Ces frais additionnels seront remboursés à l’acheteur sur présentation d’une preuve d’exportation du lot hors de l’UE dans les délais légaux (se référer au chapitre sur la TVA).
Please note that in addition to the regular Buyer’s premium, a commission of 5.5% inclusive of VAT of the hammer price will be charged to the buyer. It will be refunded to the Buyer upon proof of export of the lot outside the European Union within the legal time limit. (Please refer to section VAT refunds).
Additional costs of 5.5% including tax of the auction price will be taken in addition to the usual costs charged to the buyer. These additional costs are likely to be reimbursed to the buyer on presentation of proof of export of the batch outside the Union European within the legal deadlines (See the "VAT" section of Terms of sale)