ÉCOLE ANVERSOISE DU XVIe SIÈCLE, ENTOURAGE DE QUENTIN MASSYS
Lot 59

ÉCOLE ANVERSOISE DU XVIe SIÈCLE, ENTOURAGE DE QUENTIN MASSYS

Pietà

Fermé29 May 2020

Prix réalisé

EUR 43,750

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ÉCOLE ANVERSOISE DU XVIe SIÈCLE, ENTOURAGE DE QUENTIN MASSYS
Pietà
huile sur panneau
40,8 x 28 cm. (16 x 11 in.)

Collection Monsieur Louis Charles Emile Paries Watelin, château de Campagnac, Dordogne ;
Collection de Madame Anne Marie Elisabeth Gerard du Barry, veuve du précédant ;
Vente Succession W. [Watelin], Paris, Hôtel Drouot, 17 janvier 1944, n°28, reproduit pl. II (comme "école de Quentin Metsys") [acheté par un Monsieur Durand selon le procès-verbal de la vente] ;
Vente collection O'Rossen et X., Paris, Galerie Charpentier, 24 juin 1957 (exp. M. Rheims), n°35, reproduit ("attribué à David").

Note du spécialiste

On doit au peintre brugeois Gérard David le prototype de cette puissante image d'une Vierge de Douleurs approchant ainsi ses lèvres du visage de son fils mort. Cette célèbre iconographie inspira bien des artistes dont Quentin Massys qui en proposa sa propre interprétation, contribuant plus largement à sa diffusion dans la région d'Anvers avant les années 1550.

Datée vers 1510-1520, la Pietà de David, aujourd'hui en mains privées, se concentre sur l’épisode de la Passion à son moment le plus intense, choisissant un fond neutre pour accentuer encore le côté dramatique (voir M. Friedlander, Early netherlandish painting, vol VIb: Hans Memlinc and Gerard David, Bruxelles, 1971, n°203). Appréciée pour son immédiateté, plusieurs versions de cette scène épurée surgissent ça et là sur le marché de l’art (ill. 1). Massys choisit de situer la scène devant une vue imaginaire de Jérusalem et du Golgotha vidé de la foule, où ne se dressent plus que les trois croix de la Passion (voir M. J. Friedlander, Early netherlandish painting, Vol. VII: Quentin Massys, Bruxelles, 1971, planche 20, n°15.). Conservée aujourd’hui à l'Alte Pinakothek de Munich, elle eut un succès si conséquent au XVIe siècle, qu’on en trouvait des interprétations dans toute l’Europe et jusque tard dans le XVIe siècle. Notre tableau en est un bel exemple. Une autre version très proche et inspirée selon Friedlander par ce prototype de Massys est visible aux Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique. Le musée l’avait acquise en 1926 lors de la vente de la collection du Prince Charles d’Arenberg.

Au croisement de ces deux sources d’inspiration d'illustres maîtres flamands, notre Piétà possède bien des accents anversois issus de l’entourage de Massys tout en perpétrant l’influence de Bruges et des manières raffinées des Flandres septentrionales. Elle rappelle cette précieuse vivacité artistique dans les Flandres du XVIe et la manière avec laquelle les images fortes passaient d'un foyer culturel à un autre, se nourissant à chaque étape des particularités d'une école.