Lot 12 IMPORTANTE COLLECTION ARISTOCRATIQUE SUISSE
LIMOGES, VERS 1200
CHASSE
Closed19 June 2018
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Specialist note
Dès le début du XIIe siècle, Limoges devint le principal centre de production d'émaux polychromes. L'évolution de l'émaillerie champlevée dans cette région au cours des quatre dernières décennies du XIIe siècle est fondamentalement liée au patronage des souverains Plantagenêts, alors maîtres de l'Aquitaine, à l'essor du culte des Saints au Moyen Age et à l'importance des objets de dévotion personnelle. Le peu d'information sur l'organisation et la localisation géographique des ateliers et des artistes aussi bien dans le temps que dans l'espace, rend la datation précise des émaux limousins difficile; l'on peut néanmoins, en suivant les études réalisées au cours de ces dernières années, s'accorder sur un développement entre 1150 et 1220.
La production artistique était essentiellement centrée sur la réalisation d'objets liturgiques et c'est à cette époque que les châsses reliquaires connaissent un essor important. Les châsses ou 'fiertes' étaient traditionnellement dans un premier temps, commandées par des dignitaires ecclésiastiques ou par l'entourage du roi afin de receler, protéger et commémorer les reliques des Saints. La forme géométrique des châsses évoque symboliquement celle des sarcophages antiques mais aussi celle des églises. La structure est principalement en chêne recouvert d'un alliage d'enduit blanc peint en rouge; celle-ci est également recouverte de plaques de cuivre champlevé et émaillé. Les principales évolutions des châsses à l'époque romane se situent au niveau des décors des figures humaines. En effet, les artistes autour de 1200 laissent les silhouettes réservées et dorées se détacher sur le fond émaillé; c'est aussi de cette époque que date l'apparition, dans l'agencement des champs colorés, d'une ou deux bandes horizontales turquoises dans le fond bleu au niveau de la face majeure et des pignons comme nous pouvons le distinguer sur la nôtre.
La châsse ici présente est très proche de la châsse de Düsseldorf-Gerresheim (Allemagne), du trésor de la basilique Sainte-Marguerite (I C, n.8). Nous retrouvons le même raffinement apporté à l’exécution des décors. Par l’utilisation de modèles communs pour les drapés, ainsi que pour le décor pointillé sur les pois, elle se rapproche tout particulièrement de la châsse du Vatican (I B 1, n˚ 58). Ces modèles furent également utilisés pour les châsses de Berlin (I A 3, n˚ 1), Copenhague (I B 1, n˚ 13), Paris, commerce d’art (I C, n˚ 21), et sur les plaques de Cluny (I G 2 a, n˚ 7) et de la vente Brummer (I A 3, n˚ 6) (E. Antoine, D. Gaborit-Chopin, M.-M. Gauthier, Corpus des Emaux méridionaux, II, l'Apogée, 1190-1215, Paris, 2011).
La production artistique était essentiellement centrée sur la réalisation d'objets liturgiques et c'est à cette époque que les châsses reliquaires connaissent un essor important. Les châsses ou 'fiertes' étaient traditionnellement dans un premier temps, commandées par des dignitaires ecclésiastiques ou par l'entourage du roi afin de receler, protéger et commémorer les reliques des Saints. La forme géométrique des châsses évoque symboliquement celle des sarcophages antiques mais aussi celle des églises. La structure est principalement en chêne recouvert d'un alliage d'enduit blanc peint en rouge; celle-ci est également recouverte de plaques de cuivre champlevé et émaillé. Les principales évolutions des châsses à l'époque romane se situent au niveau des décors des figures humaines. En effet, les artistes autour de 1200 laissent les silhouettes réservées et dorées se détacher sur le fond émaillé; c'est aussi de cette époque que date l'apparition, dans l'agencement des champs colorés, d'une ou deux bandes horizontales turquoises dans le fond bleu au niveau de la face majeure et des pignons comme nous pouvons le distinguer sur la nôtre.
La châsse ici présente est très proche de la châsse de Düsseldorf-Gerresheim (Allemagne), du trésor de la basilique Sainte-Marguerite (I C, n.8). Nous retrouvons le même raffinement apporté à l’exécution des décors. Par l’utilisation de modèles communs pour les drapés, ainsi que pour le décor pointillé sur les pois, elle se rapproche tout particulièrement de la châsse du Vatican (I B 1, n˚ 58). Ces modèles furent également utilisés pour les châsses de Berlin (I A 3, n˚ 1), Copenhague (I B 1, n˚ 13), Paris, commerce d’art (I C, n˚ 21), et sur les plaques de Cluny (I G 2 a, n˚ 7) et de la vente Brummer (I A 3, n˚ 6) (E. Antoine, D. Gaborit-Chopin, M.-M. Gauthier, Corpus des Emaux méridionaux, II, l'Apogée, 1190-1215, Paris, 2011).