Lot 356
BERGERE A OREILLES D’EPOQUE LOUIS XV
ESTAMPILLE DE CLAUDE CHEVIGNY, MILIEU DU XVIIIEME SIECLE
Closed29 September 2015
Estimate
EUR 10,000–15,000
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Specialist note
Cette bergère, au dessin inventif et aux lignes très caractéristiques, est très proche de celle dans laquelle le baron de Besenval (1721-1791) choisit de se faire représenter lorsqu’il posa pour Danloux dans le salon de compagnie de son hôtel de la rue de Grenelle. Cet important portrait est aujourd’hui conservé à la National Gallery de Londres (Inv. NG6598).
Pierre-Victor de Besenval est né à Soleure, Suisse, en 1721 et est mort à Paris en 1791. Fils d’un colonel au régiment des Gardes suisses, il embrassera à son tour la carrière militaire. En 1757 il est nommé aide de camp du duc d’Orléans puis maréchal de camp l’année d’après. Il va se distinguer lors de la bataille de Klostercamp en Allemagne, où il fait preuve de bravoure et galvanise ses troupes. Egalement écrivain et collectionneur, c’est un personnage élégant et cultivé qui dès 1774 se rapproche de la cour et fait partie du cercle de Marie-Antoinette. Propriétaire depuis 1767 de l’hôtel de Pompadour (actuelle ambassade de Suisse) rue de Grenelle, il y réunit un ensemble de peintures et d’objets d’art qui vont faire sa renommée. En 1782, l’architecte Brongniart y installe une admirable salle de bain imaginée dans le style antique. La pièce, accessible par un escalier orné d’un taureau en marbre bleu turquin, est ornée de douze colonnes d’ordre toscan entourant un bassin elliptique faisant office de baignoire. L’impression de froideur que dégage la pièce est renforcée par les jeux de pierres qui mêlent tables en porphyre et bas-reliefs, du sculpteur Claude Michel, qui décorent les parois (cf. Cat. Expo. Le faubourg Saint-Germain : la rue de Grenelle, Galerie de la Seita, 21 novembre-20 décembre 1980, p. 25).
Le lien avec Digoine est intéressant car son propriétaire le comte de Chabrillan fera retirer, au début du XIXe siècle, les décors de cette salle de bain pour les transporter dans son château dont ils ornent désormais la majestueuse cage d’escalier.
Sur le portrait d’Henri-Pierre Danloux peint en 1791 (conservé à la National Gallery à Londres et reproduit dans Gillian Wilson, Mounted Oriental porcelain in the J. Paul Getty Museum, Los Angeles, 1999, p. 15) on peut reconnaitre des objets montés majeurs faisant de ce portrait un témoignage incontournable des arts décoratifs de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Sur la cheminée en marbre sont disposés trois vases en porcelaine céladon de couleur verte montés en bronze doré qui semblent avoir été identifiés comme ceux vendus en paire chez Christie’s Londres le 14 décembre 2005, The Wildenstein collection, lot 45, pour le vase de forme carpe (au milieu sur la cheminée) et le 6 décembre 2007, lot 130, pour le vase de droite. La monture en bronze de ce dernier est à rapprocher de celle d’une paire de vases exposées au Metropolitan Museum of Art de New York (Inv. 49.7.80, 81). Pour celui de gauche en revanche, l’identification est plus délicate car plusieurs exemplaires sont connus. Une paire fut vendue par Sotheby’s Londres le 22 octobre 2008, lot 58 et une autre paire analogue est conservée au Victoria and Albert Museum (Inv. 820-820A – 1882).
Dans son ouvrage Guide des amateurs et des étrangers voyageurs à Paris, Paris, 1787, p.p. 574-579, Luc-Vincent Thiéry évoque longuement les objets du baron de Besenval au cours d’une visite dans son hôtel de la rue de Grenelle : « La collection, formée par M. le baron de Bezenval, est une preuve de son goût et de ses connaissances ».
Pierre-Victor de Besenval est né à Soleure, Suisse, en 1721 et est mort à Paris en 1791. Fils d’un colonel au régiment des Gardes suisses, il embrassera à son tour la carrière militaire. En 1757 il est nommé aide de camp du duc d’Orléans puis maréchal de camp l’année d’après. Il va se distinguer lors de la bataille de Klostercamp en Allemagne, où il fait preuve de bravoure et galvanise ses troupes. Egalement écrivain et collectionneur, c’est un personnage élégant et cultivé qui dès 1774 se rapproche de la cour et fait partie du cercle de Marie-Antoinette. Propriétaire depuis 1767 de l’hôtel de Pompadour (actuelle ambassade de Suisse) rue de Grenelle, il y réunit un ensemble de peintures et d’objets d’art qui vont faire sa renommée. En 1782, l’architecte Brongniart y installe une admirable salle de bain imaginée dans le style antique. La pièce, accessible par un escalier orné d’un taureau en marbre bleu turquin, est ornée de douze colonnes d’ordre toscan entourant un bassin elliptique faisant office de baignoire. L’impression de froideur que dégage la pièce est renforcée par les jeux de pierres qui mêlent tables en porphyre et bas-reliefs, du sculpteur Claude Michel, qui décorent les parois (cf. Cat. Expo. Le faubourg Saint-Germain : la rue de Grenelle, Galerie de la Seita, 21 novembre-20 décembre 1980, p. 25).
Le lien avec Digoine est intéressant car son propriétaire le comte de Chabrillan fera retirer, au début du XIXe siècle, les décors de cette salle de bain pour les transporter dans son château dont ils ornent désormais la majestueuse cage d’escalier.
Sur le portrait d’Henri-Pierre Danloux peint en 1791 (conservé à la National Gallery à Londres et reproduit dans Gillian Wilson, Mounted Oriental porcelain in the J. Paul Getty Museum, Los Angeles, 1999, p. 15) on peut reconnaitre des objets montés majeurs faisant de ce portrait un témoignage incontournable des arts décoratifs de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Sur la cheminée en marbre sont disposés trois vases en porcelaine céladon de couleur verte montés en bronze doré qui semblent avoir été identifiés comme ceux vendus en paire chez Christie’s Londres le 14 décembre 2005, The Wildenstein collection, lot 45, pour le vase de forme carpe (au milieu sur la cheminée) et le 6 décembre 2007, lot 130, pour le vase de droite. La monture en bronze de ce dernier est à rapprocher de celle d’une paire de vases exposées au Metropolitan Museum of Art de New York (Inv. 49.7.80, 81). Pour celui de gauche en revanche, l’identification est plus délicate car plusieurs exemplaires sont connus. Une paire fut vendue par Sotheby’s Londres le 22 octobre 2008, lot 58 et une autre paire analogue est conservée au Victoria and Albert Museum (Inv. 820-820A – 1882).
Dans son ouvrage Guide des amateurs et des étrangers voyageurs à Paris, Paris, 1787, p.p. 574-579, Luc-Vincent Thiéry évoque longuement les objets du baron de Besenval au cours d’une visite dans son hôtel de la rue de Grenelle : « La collection, formée par M. le baron de Bezenval, est une preuve de son goût et de ses connaissances ».