Christie’s roundel
Lot 34

CHARLES-ALPHONSE DUFRESNOY (PARIS 1611-1668 VILLIERS-LE-BEL)

Portrait allégorique du Cardinal de Richelieu (1585-1642), inspirant le respect aux pays ennemis de la France, symbolisés par des animaux

Closed29 September 2015

Estimate

EUR 30,000–50,000

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CHARLES-ALPHONSE DUFRESNOY (PARIS 1611-1668 VILLIERS-LE-BEL)
Portrait allégorique du Cardinal de Richelieu (1585-1642), inspirant le respect aux pays ennemis de la France, symbolisés par des animaux


Huile sur toile
104,6 x 83 cm. (41 1/8 x 32 5/8 in.)

Collection de Mesdemoiselles Lamarque d’Arrouzat (d’après une étiquette au revers).
Vente Artemisia Auction, Paris, 24 juin 2013, lot 45.

Specialist note

Seul artiste autorisé à représenter Richelieu en habits sacerdotaux, Philippe de Champaigne institua un type de portrait où le modèle, à l'égal d'un souverain, est représenté en pied. Ce prototype servit de référence pour notre portrait du Cardinal de Richelieu, où le puissant ministre, qui avait tant oeuvré pour accroître la puissance du royaume français, s'avance en faisant fuir un lion, un léopard et un serpent. Ces trois animaux peuvent symboliser les Vices combattus par le Grand Homme - le lion incarnant l'orgueil, le serpent l'envie et le léopard la perfidie - tout en rappelant à ses contemporains les victoires contre l'Angleterre et l'Espagne, qui en héraldique sont respectivement représentées par un léopard et un lion.

Elève de François Perrier et de Simon Vouet, Charles-Alphonse Dufresnoy est un peintre rare, qui avait passé de longues années en Italie avant de revenir faire carrière en France et resta surtout dans les mémoires en tant qu'auteur du De arte graphica, paru en 1668 dans la traduction de Roger de Piles. Selon Sylvain Kespern qui, en 2013, proposa d'attribuer le tableau à Dufresnoy, le peintre était proche du petit-neveu du cardinal, Armand Jean de Vignerot du Plessis, deuxième duc de Richelieu (1639-1715). Il est possible que ce dernier ait commandé le tableau afin de glorifier son aïeul. Dans la longue notice qu'il consacre au tableau, M. Kespern justifie l'attribution par le traitement du paysage dont la froideur classique évoque l'art de Nicolas Poussin et de François Perrier, mais aussi par la "schématisation géométriques des formes, plus particulièrement des anatomies", caractéristiques de l'artiste.